L’amoureux des mots

L’amoureux des mots partie 4
Il se mit à peindre, des scènes paysannes rappelant Bruegel l’ancien, notamment la noce.
Les mots de la Bourgogne, il les entendait au supermarché, lorsqu’une maman disait à son fils :« Arrête de pionner », lorsqu’il demandait quelque chose.
Ces mots se mariaient bien avec sa peinture, il aurait pu faire un film joyeux avec ses personnages truculents haut en couleur avec leur parler dru et chantant, au « r » roulés.
Les ceps de vignes aux pampres se chevauchant sur la côte objets de soins de la part du vigneron, les plaines couvertes de blés dorés, les verts pâturages et les forets profondes l’inspiraient.
Le petit chantre de la vie bourguignonne faisant ses gammes en chantant la terre de ses pères. Durant les vacances il retrouvait ses amis parisiens venus profiter de leur séjour en Bourgogne. Sous la chaleur de l’été, chacun profitait des jeux d’enfants sous le chaud soleil de l’été.
Il se sentait des frères et des sœurs parmi tous ceux qui aiment la Bourgogne. Un jour par hasard un ami lui parla d’un groupe de personnes qui souhaitaient faire vivre, le patois et il y a adhéra grâce à un réseau social. Après des contacts et une invitation, ils se rencontrèrent aux confins de l’Auxois et du Morvan à Mont Saint Jean à l’occasion de la rencontre des langues de patois de Bourgogne.

Un jour de pluie de 2014. Jonas était accompagné de ses parents. Ils furent reçus par un homme haut en couleur qui leur dit alors : « Ol ot cha brament dai noviaux ainmins. Bin le bonjo ai teurtos Il pleut des trombes des nouveaux amis aujd’have !» Un gars du Tsrorollais ajoute (ajouta) : « yé bin vrai que ctu jor yavo bin tsé de la pyou abeurnonsiau, cheurment qu’ yallot bin pousser des cocmelles ! »

Jonas et ses parents apprécièrent cet accueil chaleureux et allèrent se sécher près de la cheminée, (où) il y avait Saleha. Ils parlèrent un peu de Mont Saint, village de 260 habitants dont les habitants sont les Montsaintjeannais. Mont Saint Jean était une place forte redoutée par les ducs de Bourgogne. A la mort de Charles le Téméraire, Louis XI fit raser les tours et les courtines laissant le donjon et ses quatre tours. La chapelle castrale au chœur roman repose sur une crypte que l’on peut visiter. Sur le plateau existe un site archéologique, fondation d’une exploitation seigneuriale de XIVè siècle que Saleha et Jonas sont allés visiter lors d’une éclaircie.

Lorsqu’ils rentrèrent de leur voyage dans le Morvan, un problème fut le bois, ils devaient en scier pour l’hiver. Comment don qu’on far, on ai pu de bô pou cet hivar ? Le père de Jonas alla voir son voisin :  » Eh compar, pourrais-tu m’ader, à cuper mon bô ?  » L’opération se renouvela de voisin (en voisin) avec le même lamento. Jonas avait un ami Vincent dont le père Jean Christophe était vigneron et avait une petite scierie mobile. Il vint les ader eul bô demande bramment d’ouvraige. Lai chuche (bûche) chauffe quate côs, quand je l’bôtons a lai coi (abris), quand je l’copons, quand j’le ‘bôtons au beuché, epeue dans lai chem’née quant ôl chauffe ! Ce qui signifie à peu près cela : Le bois chauffe plusieurs (fois), lorsqu’on le coupe, lorsqu’on le rentre, lorsqu’on le scie, lorsqu’on le met au bucher, et lorsqu’on le brule. Il lui fallait au moins 10 stères, il les compta : in, deux troâ, quate, cin, chi, sa, vheute, neu, di.

Le soir pour se réconforter il avait hâte de cuisiner une gougère aux escargots arrosée de Goulue, la bière du cru brassée par la brasserie La Vingennimauricienne (LVM). La culture du houblon aujourd’hui disparue a marqué fortement la région. Il reste çà et là dans les haies notamment quelques pieds de houblon. Il avait été implanté après la guerre de 1870 en Bourgogne et a prospéré. Cette culture du houblon a été introduite par les grands propriétaires souvent dijonnais, bien implantés dans la vallée de la Vingeanne comme les Chambure. Les dernières plantations ont disparu au tournant des années 1980 à Bèze et à Saint Julien. Le séchoir à houblon de Bèze est reconverti en atelier d’artiste et un musée du houblon existe à Rivière les Fosses. Les maisons construites aux environs des années 1870 ont été dotées d’un faux-grenier sous les toits, afin de pouvoir recevoir les fameuses claies à houblon destinés à sécher les précieux cônes. Il y eut un temps après la guerre de 14 où le cours du houblon s’est envolé, certains buvaient du champagne lors de la récolte du houblon.

Après les travaux d’automne, le sciage du bois, sa mise sous abris, la vendange la cueillette des pommes, des noix, des coings et des champignons ainsi que le nettoyage du jardin, le petit bonhomme s’apprêtait à hiberner.

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