L’amoureux des mots

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Le déroulement de la 402 ème édition de cet évènement organisé par a confrérie chanitoise de Saint Vincent est le même depuis sa création au XVIIème siècle. Suivant la tradition, une procession en costumes traditionnels a défilé dans le bourg chanitois, selon un parcours bien défini, et a attiré des spectateurs qui sont de plus en plus nombreux chaque année. L’originalité de la Saint Vincent à Champlitte est la gratuité.
Les festivités ont débuté par le couronnement des « Épousés » : Marjorie Lecoq et Benjamin Hauff en présence du « Petit couple » : Clara Résillot et Antoine Baulard, symbole du renouveau et de la transmission. Un des temps forts de la Saint Vincent a été la grand-messe, suivie du dépôt de la statue de Saint Vincent. Cette année la statue est revenue au  » Grand Vignoble Chanitois.  » L’origine religieuse de la Saint-Vincent est encore très présente avec la procession dans les rues du bourg scandée par les litanies en latin et la dimension spirituelle très importante. Elle se mêle aux traditions populaires.
L’animation de cette journée de fête a été assurée par un groupe folklorique « Les Compars de Chanitte », créé par Albert Demard en 1950, qui a proposé des chants et des danses traditionnels
Sous l’initiative d’Albert Demard, la Saint-Vincent est devenue l’occasion d’honorer les personnes qui contribuent à conserver l’authenticité de Champlitte, notamment grâce à la culture de la vigne. Celles-ci ont reçu un « Collier des Houes d’or », qui peut également revenir à tous ceux qui œuvrent pour la promotion de Champlitte et de la Haute-Saône en général.
La Saint-Vincent s’est terminé par un repas où tous les convives ont dégusté le même menu, composé de produits du terroir dont l’andouille aux petits ris et la tarte au potiron, le tout arrosé de vin de Champlitte.
La transmission et le maintien des traditions sont des valeurs auxquelles la confrérie chanitoise de Saint Vincent organisatrice des festivités est très attachée. La célébration de la vigne et du vin a été le fil conducteur de cette fête, au cœur de l’hiver, autrefois, les vignerons faisaient luire leur « gouzette » (serpette de vigneron), au soleil, comme présage d’une bonne année, des souhaits ont été émis pour que cette année soit un bon cru. Même si le soleil n’a pas montré son nez cette année.
Rendez-vous est donné pour la 403 ème édition en janvier 2015. »
Durant l’office il y a eu l’offrande du pain, du vin, et de la lumière : par le groupe folklorique « Les compars de Chanitte », il y a également l’offrande d’un cierge par la confrérie. C’est une oblation, une intercession pour demander une protection pour l’année, en offrant le fruit de terre et du travail des hommes et la lumière au cœur l’hiver. La lumière est déposée au pied d’une vierge de la Guadelupe offerte par les émigrés du Mexique. L’émigration chanitoise et bourguignonne au Mexique a eu lieu de 1831 à 1861. Cette émigration est née de la volonté d’un homme, Stéphane Guenot, ancien officier de l’armée napoléonienne, originaire d’Autrey les Gray. Cet homme a acheté des terres au Mexique en 1832, dans l’État de Vera Cruz et a fondé la compagnie Franco-Mexicaine avec des capitaux dijonnais et chanitois. Stéphane Guenot était fouriériste et Saint simonien, rêvant d’installé un phalanstère au Mexique. Les émigrants sont partis de Champlitte car 7 années de gel consécutives avaient condamné le vignoble de Champlitte et de sa région. L’histoire de ces colons venus de Champlitte, Mornay et Saint Maurice sur Vingeanne rejoint l’histoire du Mexique et l’épouse les relations franco-mexicaines.

Albert Demard fondateur du musée de Champlitte a retrouvé 2 listes de départ de départ de1833 et 1835 aux archives municipales de Champlitte. Entre 1831 et 1861, 600 émigrants originaires de Champlitte et de la Vingeanne sont partis au Mexique. En 1969, Jean Christophe Demard titulaire d’un doctorat d’histoire soutenu à l’université de Franche Comté s’est rendu au Mexique et a effectué des recherches. Il a rencontré les descendants des colons. Par la suite, des contacts ont été noués avec l’université de Vera Cruz. L’association Haute Saône-Mexique est née à la suite de ces échanges et fête son 25 ème anniversaire cette année.
Dans les rues, il faut voir garde-vigniers entourant le “gourmet” piqueur de vin (goûteur), les “Prenants” et les “Rendants” de la statue de saint Vincent, les “Épousés”, et le “Petit couple », de tradition très ancienne, témoin d’un rituel de fertilité, escortés par le groupe folklorique, les porteurs de saints de la confrérie de Saint-Vincent et des confréries régionales invitées.
La saint Vincent de Champlitte. C’est un moment magique, une communion spirituelle autour des traditions de la vigne et du vin, un moment de partage vrai et intense.
A Champlitte Jonas et Saleha pour la saint Vincent se sont bien amusés, ils ont été photographiés par Betty Pernollet, correspondante de presse du journal local. Le correspondant de presse est un personnage incontournable des manifestations, présents pour les annoncer, il couvre les évènements sur un secteur donné et est payé en honoraires. Betty Pernollet, blonde aux yeux bleus toujours élégante, habillée de noir, elle était bardée d’appareils photo pour les prises de vue et également pour filmer, elle avait le dernier Neos 501 de chez Nyson, et était très professionnelle. Betty Pernollet était également pigiste à la Côte d’Or Agricole et Viticole.

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