L’amoureux des mots

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Jonas était très intéressé par une affiche reflétant l’identité de sa vallée de la Vingeanne. L’affiche “Lait pur stérilisé de la Vingeanne”, crée en 1894, représente en effet une enfant en robe rouge, buvant goulûment un bol de lait, observée par trois chats de bonne taille (un tigré, l’autre noir et une chatte au ­pelage tricolore).

Cette publicité a été effectuée pour le compte de la société Quillot Frères, de Montigny-sur-Vingeanne. L’affiche symbolise l’ancienne laiterie, la commune de Montigny Mornay Villeneuve et toute la vallée de la Vingeanne. La fillette représentée sur l’affiche serait Colette, la fille de l’artiste Théophile Alexandre Steinlein.

Théophile Alexandre Steinlein est né en 1859, à Lausanne, et est décédé en 1923. Cet affichiste renommé est mondialement célèbre pour ces affiches comme “La Tournée du Chat Noir” et celle du “Lait pur de la Vingeanne”. Steinlein était ami avec ­Maurice Quillot, propriétaire de la laiterie de Montigny et de cette amitié est née une collaboration commerciale entre les deux hommes. Des objets figurant la petite fille au chat sont en vente à la mairie de Montigny-Mornay-Villeneuve. Ces objets constituent un cadeau original et rappellent l’histoire du village et de sa laiterie renommée.
Cette affiche identitaire représente la vallée de la Vingeanne. Elle nous renvoie à la douceur de l’enfance et au gout du terroir.
Sous l’impulsion des ­habitants de la commune, la fête du Lait a eu lieu samedi, à l’ancienne laiterie de Montigny.

Il s’agissait de célébrer l’affiche de la petite fille aux chats, de Théophile Steinlen, qui a fait le tour du monde depuis cent vingt ans (elle a été créée en 1894). Le but de cette fête a été de la remettre en ­lumière sur son lieu de naissance et de remonter le temps, de 1894 à aujourd’hui, pour retracer l’histoire de la laiterie qui fut aussi celle d’une aventure industrielle dont le berceau est à ­Montigny.
Des jeux sur le thème du lait

La fête du Lait, a eu lieu pour célébrer Colette, la petite aux chats, sous l’égide de la section du foyer rural La Concorde, Les Amis de la petite fille aux chats, s’est déroulée fin aout à Montigny Mornay Villeneuve .
L’après-midi s’est déroulée dans La Prairie aux jeux et la soirée à la laiterie. Huit jeux rappelant le thème du lait ont été organisés dans la grande prairie de Montigny : Perrette et le pot au lait, jeu d’équilibre ; chamboule-lait ; la prairie en morceaux, puzzle ; l’étable de Robin, tir à l’arc sur l’effigie d’une vache. Pour clôturer cet après-midi récréatif, un goûter a été organisé pour les enfants au bord de la Vingeanne, suivi d’une visite à la ferme Jonquet. Quinze équipes de sept et huit personnes ont participé à ces jeux qui ont demandé beaucoup de préparation aux organisateurs. La remise des prix s’est déroulée le soir. Le premier prix par équipe était huit places à un match du DFCO, en tribune Prestige, avec un repas de gala après la rencontre. C’est l’équipe numéro deux, composée d’enfants et d’adultes du village, qui a ­remporté ce gros lot.

Une plaque émaillée reproduisant la petite fille aux chats a été apposée sur la cheminée de la laiterie, en présence des élus du canton, dont le ­conseiller général Nicolas ­Urbano et le maire ­Roger Raillard.

Les anciens qui ont travaillé à la laiterie ont été ensuite mis à l’honneur, ainsi que l’ancien directeur de la laiterie La Mondia de 1948 à 1977, M. Chagué, et son épouse.
Une chaudière à charbon

Ce dernier, âgé de 89 ans, a précisé : « La laiterie a été fondée en 1890 par les frères Quillot. Elle a produit du lait stérilisé jusqu’en 1923. Ce lait était stérilisé en autoclave ­alimenté par une chaudière à charbon, la cheminée servait à l’évacuation des fumées. En 1958, l’encorbellement de la cheminée a été enlevé. J’ai fait un film de cet événement. La laiterie a fabriqué les fromages le Port-Salut, le saint-paulin et, à partir de 1958, de l’emmental ».

Un diaporama en chansons a rappelé la vie de la laiterie, du canton et du monde sur cent vingt ans, suivi du repas animé par un spectacle. Cette journée a rencontré un franc succès auprès des nombreuses personnes qui ont participé à cette fête.
« La Maritza, c’est ma rivière… » a chanté Sylvie Vartan. Moi qui n’oserai pas chanter, je me contenterai de murmurer : la Vingeanne c’est ma rivière. Disait Jonas.
Jonas aimait à répéter les dictons de la vallée de la Vingeanne qu’on se racontait autrefois lors des veillées. Charlotte, la grand-mère de Jonas lui rappelait sans cesse ces dictons. Habitant la commune, elle se souvenait toujours des dictons caractérisant chaque mois de l’année.

Souvent ces petites phrases exprimées ne manquent pas de piquant, certaines sont connues d’autres moins. Certains dictons étaient très locaux et pouvaient varier d’un village à l’autre, en raison des observations météorologiques. En voici quelques-uns, rapportés par Charlotte Château, une des “mémoires” du village.

Parfois certains mots doivent être expliqués. La javelle était un petit tas de céréales destiné à être rassemblé en gerbe. Rogner : ce terme était lié au travail de la vigne, on disait rogner la vigne pour la taille des “gourmands”, nouvelles tiges vertes poussant à cette époque de l’année. Le cogneu était le coin, “manger son cogneu” voulait dire vraisemblablement se mettre “au coin de la porte”.

l Janvier d’eau chiche fait le paysage riche.

l S’il tonne en février, mets tes fûts au fumier.

l S’il pleut sur la chandelle, il pleut sur la javelle.

l À la chandeleur, l’hiver s’en va ou prend vigueur.

l Quand mars tonne, apprête cercles et tonnes.

l Taille tôt taille, taille tard rien ne vaut la taille de mars.

l Mars aride, avril humide.

l Autant de brouillard en mars autant de gelée en mai.

l Il n’est si gentil mois d’avril qui n’ait son chapeau de grésil.

l Averses d’avril pour les cabris.

l Quand il pleut à La Trinité, monte tes fûts au grenier.

l S’il pleut à La Trinité, les blés dépérissent de moitié.

l Pentecôte fraise rougeotte, Trinité fraises au panier, Fête Dieu, tant qu’on en veut.

l À la Saint-Jean, rogne petits et grands.

l Quand on mange son cogneu devant la porte à Noël, on doit s’attendre à manger ses œufs à Pâques au coin du feu.

l Clair Noël, claires javelles.

7 commentaires sur “L’amoureux des mots

  1. Bonjour, je suis tombée sur votre site car en regardant une série américaine très cliché « Gilmore girls », j’ai remarqué une affiche Laiterie de la Vingeanne!! région que je connais & apprécie, puisque je suis originaire du sud de la Haute Marne à côté de la dite région!!! Voilà comment une fête locale du fin fond de la très belle & peu connue petite région de la Vingeanne dans la non moins très belle mais fort connue Bourgogne, se retrouve dans une petite salle de réunion d’une petite bourgade imaginaire du Connecticut!! Extra non? Effectivement Colette & la Fête du lait ont bien fait le tour du monde!!

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  2. C’est avec beaucoup d’amertume que nous avons découvert cet article concernant l’historique de la laiterie Mondia .En effet les anciens salariés de la laiterie n’ont pas tous été représenté .Nous aurions aimé participé à cet hommage en tant qu’enfants de Mr et Mme Perdrizet André qui ont travaillé durement fans cette laiterie

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  3. Suite :notre père y a même laissé sa vie, il est décédé suite à une explosion d’une écrémeuse dans cette laiterie à l’âge de 46ans et notre mère était femme de ménage chez les patrons et y a laissé sa santé travaillant dur pour élever des 4 enfants. Nous aurions aimé être prévenu de cet événement

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  4. Nous ne savons pas qui était l’organisateur de cet événement mais nous aurions eu beaucoup de plaisir d’assister à cet événement en tant qu’enfants d’anciens salariés de la laiterie Mondia .Notre père André Perdrizet y est décédé de façon très brutale laissant 4enfants très jeunes,nous avons de très bons souvenirs quand nous partions avec lui quelquefois faire la tournée des fermes pour y rapporter le lait et le rapporter à la laiterie.Malheureusement c’est à un retour de sa tournée de lait qu’il est mort sous une explosion d’une écrémeuse sous les yeux de ses collègues dont Mr Charbonnier René qui était le fromager de la laiterie, et notre mère femme de ménage chez les patrons juste à côté a assister à ce drame et a vu notre père mourir.Notre vie en a été bouleversée 6ans après notre mère mourait d’une tumeur au cerveau.Alors oui nous aurions aimé être présents pour eux .Merci de vous intéresser à notre histoire

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