Portait d’un poilu : Claudius Parize

La grande guerre est restée inscrite dans la mémoire collective. Les monuments aux morts présents dans les communes en sont le signe.
Le onze novembre honore les soldats morts pour la France. Le souvenir des poilus revenus de la grande guerre parvient jusqu’à nous grâce à des témoignages, des documents et l’art des tranchées. Pour beaucoup cette guerre a transformé leur vie. Ainsi Claudius Parize (1891-1969) de Saint Maurice sur Vingeanne. Originaire de Montagny les Beaune il a été appelé pour son service militaire en 1911, il a effectué 3 ans sous les drapeaux au 10 ème régiment d’infanterie avant d’être mobilisé en 1914. Il a rencontré sa future épouse dans un train qui l’emmenait au front. Il épousera Julia Brulé, de Saint Maurice sur Vingeanne, pendant une de ses permissions en 1917. Cette année-là il a assuré ses services de téléphoniste pendant les combats sous un bombardement intense et continue pendant 10 jours, ce qui lui a valu une citation et la croix de guerre. Il survécu à une attaque d’hypérite (gaz moutarde), enseveli sous une tranchée au moment de l’attaque, il a respiré moins de gaz que ses camarades qui sont décédés gazés. Un de ses poumons a été touché, il a fini la guerre à l’arrière et non plus en première ligne.
Lors de ses périodes de repos entre les combats, il réalisait de l’art des tranchées avec les obus, les balles et les boucles de ceinture des soldats allemands. Au cours de sa vie dans les tranchées Claudius a été gazé comme de nombreux soldats. En plus des nombreux objets qu’il a façonné vases, crucifix, des couverts, des ronds de serviettes et des bagues, Claudius a rapporté une serviette d’un vaguemestre allemand qu’il avait fait prisonnier et son pistolet. Il avait aussi récupéré un bidon sur un soldat mort, ce qui lui permettait d’avoir double ration de vin lors des distributions.
Il a été démobilisé en 1919, après 8 ans parti de chez lui, d’après son livret militaire. La guerre a bouleversé sa vie d’ouvrier agricole dans les vignes, il est devenu agriculteur à Saint Maurice, en cultivant les terres de son épouse et en fondant une ferme. Les horreurs de la guerre ont touché les familles des tués à la guerre, et les survivants de la grande guerre en ont gardé les stigmates. Il a appris la chanson de Craonne à une de ses petites nièces en souvenir de ses camarades tombés au front. Il a chanté cette chanson, mais il n’a pas fait partie des mutinés. Pour lui Pétain était un héros, jusqu’à la seconde guerre mondiale. Il voulait retourner sur la tombe de ses amis à Verdun. Dans sa mémoire ils étaient toujours vivants. Le « père Parize » comme on l’appelait au village était un jeune homme fringant, moustachu au teint coloré coiffé avec une raie au milieu. Le vieil homme qu’il est devenu avait les traits alourdis et portait une ceinture de flanelle pour le soulager de ses douleurs dorsales, avec un pantalon bleu, une chemise à carreaux en coton gratté et un bourgeron bleu, comme beaucoup de paysan de son époque.
Pour les poilus survivants, la vie a continué avec le souvenir de leurs camarades morts commémorés à chaque 11 novembre, les souvenirs et les objets ramenés du front entretiennent également cette mémoire.

2 commentaires sur “Portait d’un poilu : Claudius Parize

  1. Onze novembre
    Aujourd’hui, dans toute la France, est célébré le 11 Novembre. Comme le Beaunois Claudius Parize, de nombreuses personnes ont participé à cette Grande Guerre et seront honorées.
    La Grande Guerre est restée inscrite dans la mémoire collective. Les monuments aux morts présents dans les communes en sont le signe.

    Le 11 novembre honore les soldats morts pour la France. Le souvenir des poilus revenus de la Grande Guerre est toujours présent grâce à des témoignages du passé.

    Pour beaucoup, ce conflit a transformé leur vie. Pour preuve, l’histoire de Claudius Parize (1891-1969) de Saint-Maurice-sur-Vingeanne. Appelé pour son service militaire en 1911, il a effectué trois années sous les drapeaux au 10 e régiment d’infanterie avant d’être mobilisé en 1914. Il a rencontré sa future épouse, Julia Brulé, de Saint-Maurice ( qu’il épouse en 1917 ), dans un train qui l’emmenait au front lors d’une permission. Cette année-là, il a assuré ses services de téléphoniste pendant les combats sous un bombardement intense et continu pendant dix jours : ce qui lui a valu une citation et la croix de guerre. Il survécut à une attaque d’ypérite (gaz moutarde), enseveli sous une tranchée au moment de l’attaque, respirant moins de gaz que ses camarades. Un de ses poumons a été touché et il finira alors la guerre à l’arrière, loin des premières lignes.

    Lors de ses périodes de ­repos entre les combats, il a réalisé différents objets d’art avec des obus, des balles et des boucles de ceinture appartenant à des soldats allemands, récupérés dans les tranchées. En plus des nombreux objets qu’il a façonnés (vases, crucifix, couverts, ronds de ­serviettes et des bagues), Claudius a rapporté une serviette d’un vaguemestre allemand et son pistolet. Il avait aussi récupéré un bidon sur un soldat mort, ce qui lui permettait d’avoir une double ration de vin lors des distributions.
    Une mémoire à entretenir

    La guerre a bouleversé sa vie. D’ouvrier agricole dans les vignes, il est devenu agriculteur à Saint-Maurice, en cultivant les terres de son épouse, fondant ainsi une ferme. Pour lui, le maréchal Pétain était un héros, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. La tête toujours pleine de souvenirs, il voulait retourner sur la tombe de ses amis à Verdun. Dans sa mémoire, ils étaient toujours vivants. Le “père Parize”, comme on l’appelait au village, était un jeune homme fringant, moustachu au teint coloré, coiffé d’une raie au milieu. Le vieil homme qu’il est devenu avait les traits alourdis, portait une ceinture de flanelle pour le soulager de ses douleurs ­dorsales, avec un pantalon bleu, une chemise à carreaux en coton gratté et un bourgeron bleu, comme beaucoup de paysans de son époque.

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  2. Les poilus ont laissé des souvenirs dans la vallée de la Vingeanne.
    Tous les ans, des cérémonies sont célébrées le 11 novembre pour rendre hommage aux soldats morts pour la France. De nombreux souvenirs perpétuent leur mémoire.
    Il existe des souvenirs particuliers liés aux morts durant la Première Guerre mondiale. Les cimetières accueillent de nombreuses tombes de soldats, certaines sont ornées d’une croix tronquée signifiant une “vie brisée”, elles étaient érigées lors de la mort de jeunes hommes. D’autres, d’une épée avec une cocarde. Elles sont entretenues par l’association du Souvenir français.
    Des objets pour ne pas oublier

    Dans les églises sont présents des cadres avec les noms des soldats morts pour la France avec la date de leur décès.

    À Saint-Seine-sur-Vingeanne, un vitrail offert par les familles a été installé en hommage à certains soldats. Le vitrail situé au transept est de l’église est un hommage aux morts pour la France. Un poilu mort est représenté encadré de soldats de la guerre de 1870, culotte rouge et paletot bleu, et à droite, des soldats de la guerre de 14-18 en tenue de 1916. Au cœur du vitrail, dans un losange, l’église de Saint-Seine et le château. En haut, à gauche figure Jeanne d’Arc avec l’inscription 1429, à gauche Henri IV à droite avec l’inscription 1595. Les cocardes entourent le vitrail, au-dessus toujours dans l’entourage des fleurs de lys. Dans un halo de lumière, une vierge à l’enfant couronnée est représentée tenant un enfant Jésus, couronné lui aussi, entourés de deux drapeaux de chaque côté. Des inscriptions sont présentes au bas du vitrail : Es Nobis Regina Pacis, curé Siro, maire Rabier, donatrice madame Patard 1926 et le nom de l’artisan Jacques Grüber.

    À Saint-Maurice-sur-Vingeanne, figure une statue de Jeanne d’Arc avec son épée, portant un drapeau, en hommage à Jean Chevalot, soldat décédé à 20 ans. Cette statue a été offerte par la famille du défunt. L’épée a été volée il y a quelques années, cependant elle a été retrouvée et restituée.

    Tous ces souvenirs sont des témoignages poignants qui mêlent art, patrimoine et histoire.

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