Saint Vincent bien loin des heures le plus sombres à Champlitte

DSCN9279La traditionnelle Saint-Vincent animera le bourg chanitois dans son ensemble, le jeudi 22 janvier. Une belle fête qui ne doit pas faire oublier combien la vigne et ses serviteurs ont pu souffrir, en des temps plus anciens.
Le phylloxéra de la vigne… Au-delà de l’appellation quasi poétique, un drame terrible. Ce minuscule puceron originaire d’Amérique du nord a en effet été responsable, dans la deuxième partie du XIXe siècle, d’une sombre catastrophe causant d’épouvantables dégâts sur les vignobles français et européens, et en particulier à Champlitte et ses environs. L’agriculture française n’avait, en effet, jamais connu un tel désastre. La recherche d’un remède pour combattre le fléau a monopolisé toute l’énergie des viticulteurs et des scientifiques, principalement.

Si les premiers témoignages relatant la présence de vignes dans le secteur remontent au Xe siècle, il a fallu attendre l’impulsion des évêchés de Langres et Dijon pour faire prospérer la vigne à Champlitte, puis en particulier la fin du XVIIIe pour la voir atteindre quelque 600 hectares, le vin représentant alors la principale ressource du bourg.

C’est donc avec d’autant plus de douleur qu’a été subi, au XIXe siècle, le double fléau du froid et du phylloxera, qui a eu pour effet d’anéantir à 80 % le vignoble. La Première Guerre Mondiale a fait le reste, faute de bras pour l’entretenir.

Dans le sillage de cette bien triste période, la viticulture a été abandonnée au profit de l’agriculture, et les coteaux sont bientôt devenus des friches.

Fort heureusement, les traditions autour du vin sont, elles, restées bien ancrées… Après tout, ne fête-t-on pas régulièrement, à Champlitte, la Saint-Vincent chaque 22 janvier, depuis…1612 !

Pour en revenir à l’histoire récente, la lutte contre le phylloxera a été couronnée de succès grâce à l’utilisation d’hybrides producteurs directs ou de porte-greffes, issus d’espèces américaines résistantes. Mais bien sûr, la vigne n’a pas été replantée partout. Il aura certes fallu laisser passer quelques temps pour que certaines idées, aussi noueuse que de vieux ceps, finissent par s’enraciner définitivement sur cette terre propice, baignée du courage et de la sueur des hommes. C’est en 1974 que, grâce à Albert Demard, enfant du pays -qui reste également dans l’Histoire comme le père du musée d’histoire et de traditions populaires- et à un bon nombre d’habitants, qu’a été créée la « Société civile particulière des Coteaux de Champlitte », dont « Grand Vignoble Chanitois (GVC) » est aujourd’hui la marque commerciale.

Cette société exploite 35 hectares de vignes, ce qui fait d’elle c’est la 3e plus grosse exploitation viticole de Franche Comté. A ses côtés, De plus, Pascal Henriot cultive, en « bio » depuis 1985, 6 hectares situés, sur les coteaux calcaires de Champlitte et à quelques kilomètres de la vallée de la Vingeanne.

Ces plantations, relativement récentes, manifestent un renouveau viticole. Non, le phylloxéra n’aura finalement pas eu raison de la vigne à Champlitte et alentour, là où la détresse conduisit alors quelques autochtones ruinés à partir à l’aventure, par-delà l’océan Atlantique, en quête d’une vie à reconstruire au Mexique…

A l’heure d’une vraie renaissance qui voit régulièrement émerger quelque cuvée nouvelle, de la grande épopée viticole d’hier, il reste des témoignages gravés dans la pierre, au détour de ces maisons vigneronnes qu’on y aperçoit encore. Ces demeures en hauteur, jamais isolées, mais bel et bien prises dans tout un ensemble, comme c’est le cas rues de la Haye ou de la Perrière, permettent de deviner combien la vie communautaire était autrefois importante. Leur cave, élément indispensable, est enterrée et voûtée, en plein cintre ou en voûte d’arêtes. En y accédant depuis la rue par un escalier de pierre, on devait y découvrir autrefois de vrais trésors, sinon au sens marchand du terme, du moins dans ce qu’ils comportaient de ferveur, de passion et de travail prodigué par la main de l’homme pour s’attirer les bonnes grâces de Dame Nature.

Voilà bien cet esprit-là, de cette mémoire séculaire, dont il sera une fois encore donné à chacun de s’imprégner, le jeudi 22 janvier, pour le cru 2015 de la traditionnelle Saint-Vincent emmenée, aux confins des registres religieux et populaires, par la confrérie du même nom.

Les cérémonies religieuses seront, cette année, présidées par Monseigneur Gérard Daucourt, ancien évêque de Nanterre, et par l’abbé Jean Kita. A 9h15, après le couronnement des épousés sur le parvis de l’église Saint-Christophe, une première procession permettra de partir à la rencontre des « rendants », qui ne sont autres que les membres du « Grand vignoble chanitois » (GVC). La messe sera célébrée à 10h, au sortir de laquelle une nouvelle procession conduira, à 11h15, la statue de saint Vincent vers les nouveaux bâtonniers, ou « prenants », à savoir les familles de Thierry et Christophe Desgrez.

A 12h, place des Halles, les festivités populaires battront leur plein autour de l’autre grande flamme chanitoise qu’est ile groupe folklorique des Compars de Chanitte, tandis que le foule, plusieurs milliers de personnes chaque année, partagera une fois encore brioches, gaufres sèches et pain d’épice, le tout, bien entendu, arrosé comme il se doit de bonne humeur et des vins du terroir le tout gratuitement.

Enfin, tout juste avant le traditionnel banquet de saint Vincent qui sera servi sur toutes les tables du secteur, le 54e chapitre de la confrérie permettra de remettre le collier des Houes d’Or aux intronisés de l’année.

Dédicaces à Fontaine Française

DSCN0285Dernièrement, a eu lieu une séance de dédicaces à la bibliothèque municipale de Fontaine-Française. Joëlle Pulcini est venue dédicacer son ouvrage, Histoire d’une petite fille qui voulait se marier avec le soleil , qu’elle a écrit et illustré, paru aux éditions Macenta.

Après une solide formation en arts graphiques (école parisienne Met de Penninghen, académie de la Grande Chaumière, ­école du Louvre), Joëlle Pulcini a travaillé dans des ateliers de peintres professionnels à Paris et à Montréal. À partir de 1986, elle se consacre entièrement à la peinture et participe à de nombreuses expositions en France et à l’étranger : Québec, Stuttgart, Tokyo, Osaka… Médailles et prix de peinture ont jalonné tous ces salons.

Joëlle Pulcini est habitante de Selongey. Pendant vingt-deux ans, elle a enseigné la peinture et le dessin dans le cadre de l’association selongéenne Loisirs et Création et a formé de nombreux artistes.