L’avenir du musée sous un angle collectif

DSCN0009L’avenir du musée sous un angle collectif
L’ethnologue Aurélie Dumain a animé un échange sur le positionnement de cet outil culturel qui parle de nos racines.
Un peu de sémantique, tout d’abord… L’appellation « ethnopôle » s’attache à une institution qui, en matière de recherche, d’information et d’action culturelle, œuvre à la fois au plan local et au niveau national. A travers cette appellation, la mission du patrimoine ethnologique entend, dans le cadre propre à chaque structure, promouvoir une réflexion de haut niveau s’inscrivant tout à la fois dans les grands axes de développement de la discipline ethnologique et dans une politique de constitution des bases d’une action culturelle concertée.
Selon Aurélie Dumain, précisément ethnologue, chargée de mission Ethnopôle, le musée est « le réceptacle des souvenirs du peuple, le conservatoire de la culture populaire ». Différente de la culture académique, cette dernière est centrée sur l’histoire du peuple. Ce qui ouvre une porte fascinante : l’anecdote et le ressenti ont leur place dans le musée. Voilà qui eût sans doute conforté, en son temps, ce grand visionnaire que sut être le fondateur, Albert Demard. En tout cas, Aurélie Dumain est formelle : « Ce musée, est ouvert sur l’histoire des pauvres, des gens de la route, c’est un lieu de représentation pour les marginalisés, les gens sans voix. Il émane du peuple, ce sont les gens du cru qui ont amené les objets. Ils sont, par ce biais, devenus acteurs de leur territoire ». Mais au-delà de ce qui est déjà fait, il reste ce qui est à faire. A l’heure actuelle, le musée cherche à tisser du lien, pour mettre en place de nouvelles actions entre les habitants et le patrimoine. Il s’agit, en fait de « lui donner du sens ». Dans cet esprit, chacun pourra apporter sa contribution, en vue de construire un projet commun, intitulé : « Un musée habité ». L’exposition de l’œuvre réalisée dans le cadre du « Gang des chiffonniers » est toute à cet objectif : réinventer la dimension populaire du musée, en s’inspirant des collections. « Le musée des Arts et traditions populaires doit devenir un forum, un lieu de débat sur une société à construire », estime Aurélie Dumain. Parmi les pistes envisagées, l’ouverture sur l’agriculture, même si d’autres sujets de débat pourraient s’y inviter, parmi lesquels les nouveaux pauvres, ou l’habitat rural. « Le musée renvoie l’image d’une communauté telle qu’elle a été à un moment donné, révélatrice d’identité forte », analyse encore l’ethnologue pour qui « les habitants pourraient se réapproprier cette identité en la rendant vivante ».
Des propositions sont venues de l’assistance, notamment l’idée d’organiser un repas au musée, pour se raconter, se rencontrer, et se reconnaitre dans le musée. Ou encore de donner envie aux enfants de visiter le musée en le rendant plus attractif en mettant en scène les collections. En filigrane, ces échanges ont permis de réfléchir sur une vraie question centrale : le rôle d’un musée d’Arts et traditions populaires aujourd’hui.

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