Vézelay

DSCN0243Vézelay
La tradition qu’appuient des textes d’époque carolingienne consignés dans des manuscrits tardifs, rapporte, que le comte Gérard, régent du Royaume de Provence, sa femme Berthe, fondèrent en 858 ou 859 sur les bords de la Cure un monastère de moniales. Quelques années plus tard elles étaient remplacées par des moines, qui pour échapper aux envahisseurs normands, transférèrent l’abbaye sur une hauteur voisine, dominant la vallée de la Cure, là où se trouve l’actuelle localité de Vézelay.
Un incendie survenu au début du Xème siècle en détruisit les bâtiments et l’établissement, dès lors végéta. Puis, au début du XIème siècle, le bruit se répandit, favorisé par les moines, qu’on y conservait le corps de Marie Madeleine, disciple du Christ, bruit qui allait provoquer un afflux considérable de pèlerins venus de la Chrétienté toute entière. Parvenue à un degré incomparable de renommée et de prospérité , la communauté gardienne de la relique fit élever sur le sommet de la colline, le splendide édifice qu’on y voit encore aujourd’hui qu’elle dédia à Madeleine.
Selon le moine Hugues de Poitiers, auteur de la Chronique de Vézelay, écrite au milieu du XIIème siècle, c’est l’abbé Arthaud, qui en 1104, consacra la nouvelle basilique. En fait, à cette date, seuls le chœur et le transept de l’édifice étaient achevés. C’est seulement après 1120 que l’abbé Renaud de Semur, successeur d’Arthaud, fit édifier la nouvelle nef et ses bas-côtés, œuvre commencée par la façade et achevée vers 1135-1140. Vers la même époque était entreprise, à l’initiative de l’abbé Ponce de Montboisier, l’édification de l’avant-nef, dont la construction était prévue initialement.
En 1165, le chœur et le transept roman de 1104 disparaissent dans un incendie. On les rebâtira au XIIIème siècle dans le style gothique. Dans le même temps, on remaniera la façade de l’avant nef et on élèvera l’étage du beffroi de la tour placée au dessus de cette façade ;
A partir du milieu du XIII ème siècle, l’abbaye entre en phase de décadence. L’authenticité des reliques qu’elle possède est alors mis en doute, détournant d’elle les courants de dévotion qui avait sa splendeur. Au début du XVI ème siècle, elle est placée en commende, les moines cédant la place à un collège de quinze chanoines. Les Protestants, maitres de Vézelay mutilèrent les sculptures des portails.
Aux XVIIème et XVIII ème siècles, la basilique est laissée dans un état de quasi abandon, les bâtiments conventuels sont démolis. Nationalisé à la Révolution, l’édifice est dépouillé de son mobilier, il subit de nouveaux outrages en 1793, la tour sud est gravement endommagée par un incendie en 1819. C’est un monument en péril éminent, que visitera quelques années plus tard, Prospère Mérimée lors de sa première tournée d’inspecteur des Monuments Historiques. En 1840, la direction des travaux de restauration était confiée à Viollet-le-Duc. Tâche difficile, semée d’écueils, que sut mener à bien, l’architecte, dont le nom reste inséparable de Vézelay.

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