Rien sans travail

Rien sans travail
Valentin Aventino·mardi 15 mars 2016
Défendons nos jeunes, défendons notre collège.
« Rien sans travail ». Mes parents me répètent ces trois mots depuis longtemps maintenant. Ces trois mots sont importants pour moi. En plus de me donner chaque jour le courage nécessaire pour continuer mes études, ils forment la devise de mon village, Champlitte.
Ce lundi 14 mars 2015, le Conseil Départemental de la Haute-Saône a décidé de retirer aux enfants de Champlitte et ses alentours la chance que j’ai eue et celle que beaucoup d’autres ont eu avant moi. Cette chance, c’est celle de suivre un enseignement de la maternelle au collège en passant par le primaire non loin de chez soi. Ces trois institutions sont pourtant toutes composées d’un personnel et d’enseignants compétents qui aiment leur métier.
Loin de mon bourg, j’ai plaisir à décrire ce petit coin de France, ses vignes, sa rivière, ses cabordes, ses sentiers et son château. Tous mes amis pourraient vous raconter une anecdote sur Champlitte! Ô ils se moquent parfois de mon accent, de mes tics de langage (ex. « T’as meilleur temps »), ou encore de mes goûts culinaires (ex. la cancoillotte). Mais ceci fait aussi partie de notre culture! D’ailleurs, le Conseil Départemental semble avoir à cœur de faire de Champlitte un lieu de culture avec les Musées départementaux. Mais comment imaginer la diffusion culturelle sans collège ?
L’enjeu crucial pour nos territoires ruraux c’est la jeunesse! Une partie de nos élus départementaux, ainsi qu’une partie de la population (il faut l’avouer), doivent prendre conscience de cela! Sans la jeunesse, qui pour perpétuer nos traditions comme la Saint Vincent ? Qui pour faire vivre notre jumelage avec le Mexique ? Qui pour faire fonctionner nos entreprises et nos services publics ? Qui pour courir sur nos terrains de football ?
J’entends déjà les esprits critiques m’accuser d’être conservateur voire réactionnaire… Tout d’abord, c’est mal me connaître et surtout, c’est croire en l’aberration d’un possible antagonisme entre « territoire rural » et « modernité ». L’internet est d’ores et déjà un outil de nos campagnes et cela doit davantage aller dans ce sens! J’entends ces mêmes personnes nous parler de « courage politique » et lancer des phrases comme « Ce n’est pas parce qu’un collège ferme, qu’un bourg meurt »! Eux qui, évidemment, prennent des décisions courageuses depuis si longtemps savent comment notre bourg va se porter après! Eux qui, évidemment, prennent le bus très tôt le matin (été comme hiver) pour faire plusieurs kilomètres et prennent à nouveau le bus pour rentrer le soir, savent ce qui est bien pour nos jeunes!
Écrire ces quelques mots, aimer la page Facebook des Représentants Parents d’élèves Leroi Gourhan et signer la pétition en ligne est ma façon de rappeler mon soutien aux (futurs) collégiens, aux parents élèves, aux élus et à toutes les autres personnes qui se mobilisent pour le maintien du collège de Champlitte. Défendons nos jeunes, défendons notre collège! Les événements du lundi 14 mars ont peut-être démotivé certaines personnes. Cependant, n’oublions pas une autre devise qui fit trembler les plus grands d’un autre temps : « Comtois, rends-toi! Nenni, ma foi! ».

Un commentaire sur “Rien sans travail

  1. Pour une fois, ce blog est ouvert à quelqu’un d’autre qui s’exprime sur son territoire. Il s’agit du plaidoyer d’une jeune chanitois pour son collège. Valentin Aventino, étudiant entre Sciences Po Lille et l’université de Salamanque, a vécu presque toute sa scolarité à Champlitte, qu’il aime passionnément. Ce plaidoyer m’a été envoyé pour être publier.

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