Le New York Times s’intéresse à Saint-Seine-sur-Vingeanne.

On parle de la Côte-d’Or dans, sans doute, l’un des plus prestigieux journal du monde, le New York Times. Le célèbre quotidien américain publie un article consacré à la « rébellion tranquille des maires français ». On y découvre une interview de l’ancien maire de Saint-Seine-sur-Vingeanne, Louis Gentilhomme.
Saint Seine sur Vingeanne joliment qualifié par l’auteur de cet article, Adam Nossiter, de » village timbre poste où le bruit le plus fort de ces derniers jours a été la brise d’automne qui sifflait dans les arbres ». C’est joli, c’est plein de poésie mais la suite de l’article nous ramène vite dans un monde un peu moins poétique puisque le reportage évoque en fait le stress et le ras le bol des maires ruraux qui jettent l’éponge les uns après les autres. C’est donc le cas de Louis Gentilhomme qui s’est même fendu d’une lettre à Emmanuel Macron pour lui expliquer pourquoi comme lui, plus de 150 maires essentiellement ruraux ont démissionné.
Cet article n’a pas échappé à Ludovic Rochette, le président de l’association des maires de Côte-d’Or.

3 commentaires sur “Le New York Times s’intéresse à Saint-Seine-sur-Vingeanne.

  1. Après presque dix années de mandat, le maire de Saint-Seine-sur-Vingeanne, Louis Gentilhomme, a décidé d’arrêter. Il avait auparavant été conseiller municipal et adjoint. Il a envoyé un courrier à la préfète de Côte-d’Or le 2 novembre afin de lui faire part des raisons qui l’ont poussé à démissionner. Les services de la préfecture l’ont ensuite contacté pour lui notifier que sa démission sera effective le 30 décembre.

    « Ma décision de quitter mes fonctions de maire est plutôt récente. Je l’ai prise il y a six ou huit mois. Je veux démissionner car je me rends compte qu’on ne fait pas avancer les problèmes du quotidien malgré toutes les interventions que l’on peut faire avec les membres du conseil municipal. On est impuissant. J’ai l’habitude de faire le travail qu’on me confie. J’ai été formé à être efficace, réactif et à ne pas penser qu’à ma personne mais à la collectivité. Je vois l’intérêt général avant l’intérêt particulier », indique Louis Gentilhomme.

    Le manque de considération, d’écoute et de retour des services de l’État, concernant plusieurs dossiers, l’a amené à une exaspération qui l’a poussé à faire ce choix. Ainsi, dans le courrier qu’il a adressé à la préfète, il indique : « Ma lassitude trouve essentiellement son origine dans la langue de bois politicienne et administrative. Le manque de considération dont nous faisons l’objet, l’absence de réponse à mes courriers est la marque d’un désintérêt pour ceux qui demandent simplement qu’on les respecte dans leur droit, même s’ils ne geignent pas comme certains. […] Il est bien évident que le choix de tous les gouvernements est de faire disparaître les petites communes. Ils y arrivent progressivement en les asphyxiant par l’assèchement de leurs finances. […] Un jour, quelqu’un a utilisé l’expression : “J’ai mal à ma France !”. Cet aphorisme résume très exactement mon état d’esprit. »

    Louis Gentilhomme quittera donc ses fonctions de maire le 30 décembre mais restera au conseil municipal et conservera son rôle de président du syndicat des eaux de la haute Vingeanne. Pourtant, le tableau n’est pas tout noir pour le premier édile, qui « retient que la fonction de maire est très intéressante. On fait plusieurs métiers dans la même journée. Il faut suivre l’actualité, communiquer avec nos concitoyens. C’est très enrichissant ».

    « Ma lassitude trouve son origine dans la langue de bois politicienne et administrative. » : a confié Louis Gentilhomme.

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  2. Cela nous parle des raisons pour lesquelles les maires français démissionnent, surtout mais aussi des regroupements de communauté de communes, ou du changement de traditions parce que les maires existent depuis 1789. L’article nous dit que les français représentent 40% des maires en Europe et cela dresse un tableau un peu pittoresque des campagnes françaises.

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  3. Le maire démissionnaire de Saint-Seine-sur-Vingeanne, Louis Gentilhomme, a pu s’exprimer dans un article du New York Times, paru dimanche. Il a été interrogé sur sa démission et les raisons qui l’ont poussé à cette décision.

    « Cet entretien a été piloté par le président de l’Association des maires de France de Côte-d’Or (AMF21), Ludovic Rochette », explique Louis Gentilhomme. « Un correspondant américain du New York Times basé en France est donc venu me rencontrer pour effectuer une interview en français, dans le cadre de cet article. »
    Une vision non stéréotypée de la France

    Ludovic Rochette confirme s’être entretenu avec le journaliste Adam Nossiter, l’auteur de l’article : « Il s’est penché sur le cas de la Côte-d’Or pour parler plus généralement du malaise des maires en France aujourd’hui. J’ai été surpris de cette demande d’interview, mais je suis convaincu que, si un média de cette importance s’intéresse à cela, c’est que le malaise des maires français n’est pas superficiel. De plus, je remarque que l’article n’est pas stéréotypé sur une vision rurale de la France et c’est plutôt positif. Le fait d’avoir plus de 35 000 communes répond aux besoins et à la structure de la France. Il y a un besoin de proximité, même si cela n’empêche pas de réformer. »

    De son côté, même s’il avoue ne pas chercher la publicité grâce à cet article, l’ancien maire de Saint-Seine-sur-Vingeanne souhaite « faire bouger les choses. Je n’incrimine pas forcément le gouvernement car il y a aussi certains collègues qui ne se remuent pas trop. J’ai été maire pour apporter du positif à ma commune. C’est la seule chose qui m’importait ».

    Cependant, au fil des années, une accumulation de difficultés l’a poussé à démissionner. « On nous raccourcit les dotations. Il y a aussi le problème des impôts locaux avec la taxe d’habitation qui va disparaître. Il faudrait d’abord réactualiser les valeurs locatives des biens immobiliers. J’avais pu avoir accès à des documents à ce sujet, datant de 2008, qui indiquaient que les valeurs locatives à Dijon étaient inférieures à celles de Fontaine-Française. Au final, j’ai eu un ras-le-bol de tout cela », souligne-t-il. Selon lui, en France, « on ne veut pas voir la réalité en face. C’est une mentalité bien française et tant que cela ne change pas, on ne pourra pas agir correctement pour nos communes ».

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