La vachère communale.

La vachère communale.
Autrefois, au village, il y avait une vachère communale, elle avait du travail. Elle gardait les vaches à la prairie, le long de la rivière. Lorsqu’ une vache tombait dans un trou, dans le cours d’eau. Elle sonnait dans une corne. Les hommes accouraient avec des cordes et sortaient la bête. Depuis les gouvernements ont passé. Mais personne n’a remplacé la vachère communale.

Encore une que la Marthe ne verra pas !

Autrefois, le père Aristide Pinot, aimait bien prendre une chopine au bistrot. Sa femme, la Marthe, ne lui laissait pas de monnaie. Il allait au bistrot boire une chopine de blanc, pendant que le Marthe était à la messe. Les Pingenet disait : « Encore une que la Marthe ne verra pas ! ». Il sortait du café au moment de l’élévation, l’enfant de chœur agitait une clochette, le père Aristide qui avait l’ouïe fine l’entendait depuis le zinc. C’était calculé. Le café était à côté de l’église et la maison de l’Aristide et de la Marthe était à deux pas, il passait par son jardin, situé derrière l’église, et échappait à la vue de la Marthe. Le père Aristide était très malin. Il payait avec un lapin ou sac de blé, et il buvait l’équivalent en chopines. Pour les lapins, c’était la faute d’une fouine. Lorsque le père Aristide est mort. La fouine n’a plus mangé de lapins.

Contes de Noel.

Contes de Noel.
J’ai écrit un conte de Noel, il y a dix ans. Je ne sais plus où il est. Je l’avais envoyé au journal. Il n’a pas été publié.
Je vais essayer de le réécrire.
Le père Claudius était vigneron dans le Côte. Il ne voulait pas qu’une femme entre dans sa cave. Le jour de Noel, alors que tout le monde était attablé. Il est descendu dans sa cave chercher une bonne bouteille. Là, il a eu un accident cardiaque. Sa bru alertée par l’absence de son beau-père, voulait aller le chercher dans sa cave. Cependant elle connaissait l’interdiction. Le père Claudius entendait les bruits de la fête, depuis sa cave voutée située sous la cuisine, pendant qu’il agonisait. Finalement, il mourut. Aucune femme n’est entrée dans sa cave de son vivant. Il avait gardé son autorité jusqu’au bout.
J’en ai un autre.
Une veille de Noel, avant la messe de Minuit, les hommes s’étaient rassemblés à la cuisine pour jouer à la coinche, pendant que les femmes étaient partie à la messe de minuit. Le père Claudius ouvrit une bouteille de marc. L’enfant avait le droit à un canard. On mettait un sucre dans une cuillère, on versait la gnôle et on réalisait un brulot. Soudain, on frappa à la porte, c’était un cheminot. Il dit : « Joyeux Noel ! ». En ce 24 décembre, on l’invita à se réchauffer à l’âtre. On lui servit un verre de goutte. On l’invita à jouer aux cartes. Il était très fort. On joua de l’argent. Le Père Claudius mit son or en jeu. L’étranger gagna. Il reparti avec le rouleau du soldat composé de 50 louis d’or à l’effigie de Napoléon premier. Cela arriva avant le retour des femmes. On retrouva le cadavre du cheminot en forêt de Chamberceau dévoré par les loups le jour de Noel. Il n’avait plus son rouleau. Le Père Claudius l’avait récupéré et rangé dans son tonneau à double fond.

Les Rigolus et les Tristus.

Les Rigolus et les Tristus (suite de Au fil de la Bèze).
Le village de Bèze, au milieu des années 70, était divisé en deux camps, entre les Rigolus et les Tristus. Plus les autres.
A gauche, Les Rigolus : Monsieur le maire (Robert Poinsot) en tête. A droit, les Tristus, leader malgré lui, monsieur le curé (l’abbé Gillon). Au milieu, les étrangers. Enfin, ceux qui habitent le village, mais n’y sont pas nés, comme le potier et sa femme.
Et la vie coule à Bèze. Tranquille. De jumelage en excursion.