Réflexions sur le patois bourguignon.

Nous devrions dire dialecte bourguignon. Littré, parle de dialecte bourguignon pas de patois. Il y a des patois locaux. Certains mots sont différents suivant les pays de la Bourgogne. En Vingeanne, les « r » sont roulés, comme dans la Côte viticole,  et les syllabes sont allongées et trainantes comme sur le plateau de Langres. Il y une spécificité de la Vingeanne pour le patois, ce sont les « aoeuve » pour les sonorités en « o » « eau »ou « au », comme dans « sabaoeuve », pour sabot. Pourquoi parler le patois bourguignon au XXIème siècle ? Pour se distancier des mots, prendre du recul et oublier les soucis.

La Monnoye, écrivait en dialecte bourguignon. Il a laissé de magnifiques Noëls bourguignons. C’est un dialecte chantant et gai. Des associations existent afin de faire perdurer le patois. A ma connaissance la Haute Vingeanne n’en compte pas une. Il y a eu un dictionnaire du patois des Trois provinces.

Henri Thévenot et Geneviève Campenet ont produit en 2014 : « Idiomes patoisants de la région de Cusey Percey le Grand, Champlitte Pierrecourt et Fouvent ». Ce livre a été édité par Pascal Magnin chez Vesoul Éditions.

Henri Thévenot s’est intéressé au patois, il y a 7 ou 8 ans et a commencé à écrire un lexique de mots patois, il a soumis ses recherches à Éliane Troncin de Percey sous Mortementier, véritable mémoire du village, qui avait collecté elle aussi des mots patois. De cette rencontre est née la première partie de l’ouvrage.

Geneviève Campenet a pour passion la collecte de documents touchant Champlitte et sa région. Elle a trouvé il y a quelques années chez un bouquiniste un livre concernant le patois de Pierrcourt par C.Juret, qui constitue la seconde partie de l’ouvrage.

Ce lexique du patois parlé aux confins de Bourgogne, de la Franche Comté et de la Champagne entre Vingeanne et Salon, est très intéressant, car il représente la mémoire du parler de la contrée des trois provinces.

Les auteurs Henri Thévenot et Geneviève Campenet ont su faire revivre le patois. Des fables, des expressions et des chansons émaillent cet ouvrage. Ce livre est né de la rencontre de Geneviève Campenet et Henry Thévenot avec Pascal Magnin. Il est issu de leur volonté de constituer et de révéler un lexique de patois afin que rien ne se perde, dans l’esprit du travail d’Albert et Félicie Demard. Geneviève Campenet a ajouté : «  J’ai eu envie de sauvegarder ce document important concernant le secteur. » Henry Thévenot a souligné de son côté : « J’ai entendu mon père parler le patois avec Camille Naigeon maréchal ferrant à Sacquenay et monsieur Rabiet charron à Sacquenay cela m’a donné envie de transmettre la mémoire des anciens, de passer le témoin aux générations futures, le patois est un véritable patrimoine oral. »

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