Les vendanges à Champlitte en bio.

Début septembre ont débuté les vendanges au vignoble de Pascal Henriot, vigneron bio depuis 35 ans à Champlitte. Une récolte en deux temps : vins champagnisés cette semaine (gamay, chardonnay). Gamay, chardonnay, pinot noir, pinot gris, auxerrois et gewurztraminer, semaine prochaine. Une douzaine de vendangeurs – certains novices- venus principalement de la région sont venus prêter main-forte au viticulteur, qui a pris goût aux vignes grâce à son père, investi dans feu l’ancienne société de groupement viticole à Champlitte.

À bientôt 60 ans, Pascal Henriot possède deux parcelles de 3,5 hectares : les Folains et les Monts clairs. Certifié bio, il travaille le sol mécaniquement et à la main pour éviter les mauvaises herbes. Afin de lutter contre les maladies, mildiou, oïdium, phylloxera, il n’utilise pas de produits chimiques de synthèse : que du cuivre et du souffre en pulvérisation. « Ce sont des produits coûteux, pas agréables d’emploi et qui, à la longue pour le cuivre reste dans le sol », admet le vigneron, qui préférerait des alternatives. « Le rêve serait de ne pas avoir de pulvérisations. Chaque année, j’essaie des produits plus naturels : cette année, j’ai testé le bicarbonate mais ça n’a pas marché », sourit-il.

Comme la faune et la flore en général, les vignes de Pascal Henriot sont des sentinelles du réchauffement climatique. « Surtout depuis quatre ans », constate-t-il. « On a entre 1 % et 3 % de mortalité : avec la sécheresse, les plants meurent de maladies beaucoup plus rapidement ». Le viticulteur observe également des vendanges de plus en plus précoces : « elles sont avancées au minimum de quinze jours, voire trois semaines depuis que j’exerce. Avant 2000, les vendanges les plus précoces étaient le 15 septembre, et c’était des années exceptionnelles. En 2003, on a vendangé en août. Depuis quatre ans, c’est plutôt début septembre ». Autre conséquence de la chaleur et de l’ensoleillement : le taux de sucre contenu dans les grains est plus élevé. « La chaptalisation (l’action de rajouter du sucre dans le vin N.D.L.R.) a disparu ».

La cuvée 2020 s’annonce « très bonne ». 30 000 bouteilles soit environ 250 hectolitres devraient sortir de ses caves chanitoises. « Le bilan est positif. Les vins sont plus faciles à boire, plus jeunes, plus faciles à vendre », constate le producteur. Ses clients, dont certains fidèles, viennent d’un peu partout en France. Ils peuvent déguster les vins à la cave, ou bien les trouver en Biocoop ou chez quelques cavistes à Lyon et Paris.

Le vigneron a planté de nouveaux cépages : muscat l’an dernier et artaban cette année, réputé hyper résistant aux maladies. Il s’amuse aussi à replanter certains cépages anciens comme le franc noir de la Haute-Saône.

Vesoul, Champlitte, Marnay… La Haute-Saône était autrefois une grande terre viticole. Elle a même compté plus de 20 000 hectares de vignes, soit plus que le département du Jura aujourd’hui ! Mais le phylloxera a eu raison de la plupart des domaines. Aujourd’hui, on y dénombre une dizaine de producteurs professionnels, dont la moitié en bio. Deux se sont récemment installés. Faut-il le rappeler : saint Vincent, patron des vignerons, est toujours célébré à Jussey, Échenoz-la-Méline et Champlitte, le 22 janvier, où la tradition perdure depuis plus de 400 ans ! À Vesoul, l’association Vésulium a récemment réimplanté des vignes sur les coteaux de la colline de La Motte. Comme autrefois

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