De la graine au pain Sacquenay

L’EARL des Oisoles, maîtrise la filière de production agricole depuis le semis jusqu’à la transformation finale. Tout est produit, transformé sur place et commercialisé localement. 5 sortes de farines biologiques (froment, sarrasin, seigle, grand épeautre, petit épeautre) sont produites grâce au moulin présent dans la ferme. 4 sortes d’huiles biologiques (caméline, chènevis, colza, tournesol) de première pression à froid issues de la récolte familiale sont également disponibles sur place. Benoit Méot, pâtissier et confiseur de formation a diversifié ses activités agricoles afin de pallier le calme de l’hiver : (chocolats maison 100% beurre de cacao sans lécithine de soja sont fabriqués de novembre à avril). Il a installé sur l’exploitation une pâtisserie-confiserie de haute tenue comme on en trouve qu’en ville : le Murmure des Anges. Leurs produits sont en partie issus de la production agricole familiale : farines, œufs… . Les gourmets les comparent aux meilleurs connus dans la région. La boulangerie est installée au cœur du village. Elle se sert des produits de l’EARL des Oisoles pour l’élaboration des pains. Il y en a pour tous les goûts du plus classique au plus original. Les pains sont au levain naturel et cuit au four à bois. C’est un pain artisanal de saveur riche fabriqué par Arnaud Marin, boulanger. Ce pain est commercialisé sur les marchés et dans les magasins spécialisés. Le pain à l’épeautre a un gout unique, c’est une céréale ancienne résistante à la maladie et ne demandant que peu d’azote. En agriculture biologique, le parcellaire regroupé issu du remembrement et pouvant être entouré de haies permet une meilleur gestion des parcelles. L’avenir de cette agriculture passe sans doute par la formation d’îlot de parcelles vouées à l’agriculture biologique et évidemment par la commercialisation directe des produits du producteur au consommateur. Plus il y a d’intermédiaires plus le prix à payer est élevé pour le consommateur. Infos : EARL des Oisoles 10 rue de Malgouverne Sacquenay La Boulangerie les Champs du Destin 7 bis rue de la Montolle Sacquenay Marchés : vendredi Dijon et Besançon (centre) , samedi Beaune, Vesoul, Besançon (Palente). Article paru  dans le Bp, le samedi 14 novembre 2009 in extenso, ceci est un extrait.

Bernard Ronot

«  Vers un cercle vertueux. »

Bernard Ronot, 77 ans, agriculteur retraité, demeurant à Chazeuil, est un homme de conviction et d’engagement. Formé à l’école de la Jeunesse  Agricole Catholique, comme toute une génération d’agriculteur et de dirigeants agricoles, Bernard Ronot en a gardé un certain humanisme.

A 55ans, Bernard a fait un choix, celui de l’agriculture biologique. Cela s’inscrivait dans l’objectif de transmettre une exploitation reconvertie et viable dans le cadre d’une agriculture d’avenir inscrite dans le respect de l’environnement.

 Depuis une dizaine d’années, Bernard Ronot se passionne pour les semences anciennes. Il a réuni une collection de près de 170 variétés de blé  et d’épeautre à titre expérimental et scientifique. Ces semences proviennent du Conservatoire de Ressources Génétiques de Clermont – Ferrand. Avec son épouse, il procède à la sélection et à la multiplication des semences anciennes, en faisant des essais sur des micros  parcelles .Ces recherches sont suivies par deux chercheurs de l’Institut National de la Recherche Agronomique, l’un spécialisé en génétique, l’autre en mycorisation.  

La mycorisation est le produit de la décomposition d’un végétal du type engrais vert dans laquelle les champignons ont leur rôle. Cette décomposition est enrichie par les turricules (déjections) des lombrics. Le ver de terre consomme et digère le végétal et travaille la terre .Chaque jour le lombric produit son propre poids en terre et participe  ainsi à la mycorisation. La terre est ainsi enrichie en azote, acide phosphorique, potasse et également en oligo-éléments. Les variétés anciennes avec leurs racines profondes en profitent pleinement et acquièrent ainsi une certaine immunité face aux maladies et aux insectes. Après la moisson le cycle peut recommencer. C’est un « cercle vertueux ».  La terre devient de cette manière une terre vivante et nourricière. « Nous sommes sur le fil du rasoir », déclare Bernard Ronot. Il faut, selon  lui, « sauver les plantes porteuses de vie »en semant en population (c’est à dire en mélangeant les variétés), afin de transmettre  en sélectionnant par  exemple la résistance aux maladies aux autres plantes.

 Les médias, des chercheurs, des responsables politiques, économiques et sociaux s’intéressent aux travaux de Bernard Ronot  qui sont le fruit de l’expérience d’une vie. Bernard Ronot a fait plus qu’un choix de  mode de vie, il a suivi un une philosophie empreinte d’humanisme.

Les consommateurs ont compris cette voie, et sont de plus en plus sensibles aux produits de qualité bio, et ce malgré un contexte économique difficile