Bernard Ronot

«  Vers un cercle vertueux. »

Bernard Ronot, 77 ans, agriculteur retraité, demeurant à Chazeuil, est un homme de conviction et d’engagement. Formé à l’école de la Jeunesse  Agricole Catholique, comme toute une génération d’agriculteur et de dirigeants agricoles, Bernard Ronot en a gardé un certain humanisme.

A 55ans, Bernard a fait un choix, celui de l’agriculture biologique. Cela s’inscrivait dans l’objectif de transmettre une exploitation reconvertie et viable dans le cadre d’une agriculture d’avenir inscrite dans le respect de l’environnement.

 Depuis une dizaine d’années, Bernard Ronot se passionne pour les semences anciennes. Il a réuni une collection de près de 170 variétés de blé  et d’épeautre à titre expérimental et scientifique. Ces semences proviennent du Conservatoire de Ressources Génétiques de Clermont – Ferrand. Avec son épouse, il procède à la sélection et à la multiplication des semences anciennes, en faisant des essais sur des micros  parcelles .Ces recherches sont suivies par deux chercheurs de l’Institut National de la Recherche Agronomique, l’un spécialisé en génétique, l’autre en mycorisation.  

La mycorisation est le produit de la décomposition d’un végétal du type engrais vert dans laquelle les champignons ont leur rôle. Cette décomposition est enrichie par les turricules (déjections) des lombrics. Le ver de terre consomme et digère le végétal et travaille la terre .Chaque jour le lombric produit son propre poids en terre et participe  ainsi à la mycorisation. La terre est ainsi enrichie en azote, acide phosphorique, potasse et également en oligo-éléments. Les variétés anciennes avec leurs racines profondes en profitent pleinement et acquièrent ainsi une certaine immunité face aux maladies et aux insectes. Après la moisson le cycle peut recommencer. C’est un « cercle vertueux ».  La terre devient de cette manière une terre vivante et nourricière. « Nous sommes sur le fil du rasoir », déclare Bernard Ronot. Il faut, selon  lui, « sauver les plantes porteuses de vie »en semant en population (c’est à dire en mélangeant les variétés), afin de transmettre  en sélectionnant par  exemple la résistance aux maladies aux autres plantes.

 Les médias, des chercheurs, des responsables politiques, économiques et sociaux s’intéressent aux travaux de Bernard Ronot  qui sont le fruit de l’expérience d’une vie. Bernard Ronot a fait plus qu’un choix de  mode de vie, il a suivi un une philosophie empreinte d’humanisme.

Les consommateurs ont compris cette voie, et sont de plus en plus sensibles aux produits de qualité bio, et ce malgré un contexte économique difficile