Une exploitation laitière face à la crise du lait.

 

Patrick Gérard, agriculteur à Fontenelle est installé sur l’exploitation familiale depuis octobre 1997, dans le cadre d’un groupement agricole d’exploitation en commun avec son père Marc Gérard. En avril 2004, Thierry Gérard de Fontenelle et Daniel Sauvageot de Champagne sur Vingeanne ont rejoint le GAEC, depuis février 2008, Clément Leclerc, un jeune agriculteur s’est installé dans le cadre de cette association. L’exploitation agricole compte 475 ha dont 210 ha en pré, 210 ha en céréales et 55 ha en maïs pour l’ensilage. Le cheptel est formé de 110 vaches laitières et 30 mères allaitantes de races charolaises. La production de lait est de 850 000 litres de lait par an. Patrick Gérard précise : « Les revenus sont variables pour les céréales. Pour les revenus issus du lait les charges augmentent alors que les prix stagnent. Dans ce contexte les investissements doivent être calculés au plus juste par rapport au coût de production. Nous devons rembourser 100 000 € par an auprès des banques pour l’exploitation soit 20 000 € par associés. Ces remboursements d’emprunts concernent l’acquisition de matériel. Le capital nécessaire à l’exploitation est très important. Nous travaillons de 6 h 00 du matin à 19 h 30 dont 1 h30 matin et soir consacrés à la traite. Les horaires peuvent varier en fonction de l’activité de l’exploitation. Nous nous sommes associés à 5 afin d’avoir du temps libre pour la vie sociale et familiale : nous arrivons à libérer 2 week-ends sur 5 de repos et une semaine de vacances par associés. Nous n’avons pas la même vie pas les mêmes besoins et surtout la vie n’a pas le même coût qu’autrefois. Nous avons une forte contrainte environnementale avec une production de lait limitée par exploitation. Il sera de plus en plus difficile de s’installer sur une exploitation, car il faudra une trésorerie croissante pour acquérir un capital de plus en plus important afin de s’installer sur une exploitation. C’est inquiétant pour l’avenir. »

Patrick Gérard s’exprime concernant les revendications sur le prix du lait

« Le lait est payé au producteur  280 € les 1 000 litres par les négociants, soit 28 centimes le litre. Ce prix n’a pas bougé depuis 20 ans, le litre de lait est vendu plus de 1 € le litre en moyenne en grande surface. Les marges des négociants et des transformateurs sont énormes. Les industriels vendent plus et nos revenus stagnent. Nous demandons une augmentation des prix d’achat de 10 % afin d’obtenir une juste rétribution par rapport à la valeur de notre produit. Cette demande semble trouver satisfaction, cependant cela demande confirmation. »

Correspondant de presse du canton de Fontaine-Française et…

Je suis depuis peu l’unique correspondant de presse du canton de Fontaine-Française pour le journal Le Bien Public : Bourberain, Chaume et Courchamp, Dampierre/Vingeanne, Fontaine-Française, Fontenelle, Licey/Vingeanne, Montigny-Mornay-Villeneuve, Orain, Pouilly sur Vingeanne, Saint- Maurice/Vingeanne, Saint-Seine /Vingeanne. Je suis également le correspondant de presse  de Sacquenay et Chazeuil : (une partie du canton de Selongey), ainsi que de Champlitte et son canton, et de Bèze (canton de Mirebeau).

Les habitants du canton de Fontaine Française ont tous un sobriquet

Les habitants du canton  de Fontaine Française ont tous un sobriquet

Lorsqu’on contemple la vallée de la Vingeanne, l’histoire et les légendes sembles parler naturellement. Ainsi en est-il des sobriquets donnés aux habitants de chaque village du canton de Fontaine Française par leurs voisins.

A Bourberain, le village était partagé en2 camps toujours en chicane et en procès : les « Ecoeurou » et les « Quirettes ». On les appelait également les « Indignes », car certains jeunes gens des environs auraient régalés filles du pays avec du loup. C’est sans doute pour cela qu’on les appelle encore les loups enragés. Il existe également un surnom, les « Tiacres », un surnom ridicule selon : « Le Charroi de Nîmes ».

A Chaume, sur le rocher, les habitants seraient pour moitié fous, moitié enragés.

A Courchamp, les « Gôtous », buveurs d’eau de vie sont supposés habiter le village.

A Dampierre, on rencontre les « Magniens », c’est-à-dire les chaudronniers, les rétameurs, les « Pôchous » : les « pêcheurs » étaient également utilisé comme surnom.

A Fontaine Française, les habitants étaient surnommés les « Equeulay » : (éculés), c’est-à-dire les fatigués.

A Fontenelle, le surnom était les « Gueurnouilley », les grenouillés. Les gens de Fontenelle aurait vendu une statue de la vierge aux habitants de Fontaine Française afin d’avoir le droit de pêcher dans les fossés où ils ne prenaient que des grenouilles.

A Lavilleneuve, les habitants sont surnommés « Les Sacristains », peut être en raison de leur dévotion.

A Licey, les « Moricauds » peuplent le village. Par ce mot, on entend celui qui a la peau très brune ou noircie par le charbon de la forge.

A Montigny, le surnom des « Crébetins », désignerait des personnes serrées les unes contre les autres. Ce surnom pourrait avoir comme origine l’agglomération des maisons de ce village, qui sont parfois collées les unes aux autres.  

A Mornay, « les Brayas », « Cuillotous », seraient les porteurs de braies, de culottes, car selon leurs voisins c’était les femmes « qui portaient la culotte ».

A Orain, on rencontre les « Gouris », ce qui veut dire les cochons. A une époque indéterminée, les habitants d’Orain ont vendu la cloche de l’église pour acheter un verrat communal. Mais le verrat mourut, les gens n’eurent ni verrat ni cloche. Il faut préciser qu’Orain comptait de nombreux élevages de porcs, ces animaux paissaient et ravageaient les bois environnant, d’où la mauvaise réputation des « gouris » d’Orain.

A Pouilly, les « Pangnes », sont les résidents  de ce village. Ils s’appellent ainsi en raison de leur accent lorsqu’ils prononçaient le mot pain.

A Saint Maurice sur Vingeanne, les »Sorciers »faisaient sabbat lors des feux de Bordes selon certains. A Saint Seine sur Vingeanne, on peut croiser les « Queunelay », car lorsque les enfants de Saint Seine se battaient avec les enfants  des villages voisins, ils arrivaient toujours armés de bâtons de cornouillers.

L’ histoire de ces surnoms est parvenue jusqu’à nous grâce aux témoignages oraux et aux échos paroissiaux de l’abbé Ferré.

Historique du blog

J’ai ouvert ce blog le 28/06/08 afin de publier les légendes et les mythes, que je voulais faire connaître. Pendant un long moment je n’ai plus écrit sur ce blog. En mai 2009, je suis devenu correspondant de presse. J’ai écrit l’article sur le remembrement. La totalité du résumé du mémoire de maîtrise que j’avais écrit ne fut pas publiée. Il me fut proposé de mettre un lien à l’article afin de renvoyer le lecteur vers un récit augmenté. Sur ce blog, je poste toujours des articles relatifs aux mythes et légendes. J’y ai ajouté des éléments de biographies que je souhaitais partager car ils étaient pour la plupart introuvables ailleurs sur le net. De plus il y a également les renvois et les compléments des articles que j’envoie au BP. Sur ce blog, je consacre une grande place à l’actualité et à l’histoire locale: il y a un certain nombre d’informations sur les villages du canton de Fontaine-Française: Bourberain, Chaume et Courchamp, Dampierre/Vingeanne, Fontaine-Française, Fontenelle, Licey/Vingeanne, Montigny-Mornay-Villeneuve ,Orain, Pouilly sur Vingeanne, Saint- Maurice/Vingeanne, Saint-Seine /Vingeanne, Sacquenay et Chazeuil : une partie du canton de Selongey, Champlitte et son canton, le sud Haut Marnais. Is sur Tille et son canton peuvent être évoqué sainsi que la région dijonnaise ainsi que la Cote d’Or en général. Certains thèmes touchent toute la Bourgogne. D’autres  thèmes sont plus universels: comme les arts en général, l’art contemporain en particulier, l’agriculture, l’histoire, la géographie , la littérature, etc…

le remembrement rural dans le canton de Fontaine Française

La grande vague des remembrements eu lieu entre les années 60 et les années 80.Dans notre canton entre 1959 et 1995. Chaume fut une des première commune remembrée et Fontenelle une des dernière commune du département.

Le remembrement, c’est à dire la reconstitution de domaines agricoles par échanges et redistribution de parcelles morcelées  à l’extrême afin d’en faciliter l’exploitation (Dictionnaire ROBERT, 1989) s’est surtout développé, en France, pour répondre aux nouvelles données économiques nationales et internationales.

         Si à l’origine, le but principal du remembrement était le regroupement de parcelles pour faciliter l’exploitation agricole, il est devenu progressivement un outil d’aménagement du territoire à part entière abordant simultanément les problèmes liés à l’activité agricole, aux attentes environnementales et aux préoccupations du milieu  rural. Il devait garantir  à chacun le respect de la propriété et la meilleure équité possible, grâce à des bases réglementaires détaillées et à des enquêtes publiques.

Dans l’action de remembrement, les responsables du déroulement se fixaient essentiellement les principes suivants: respecter l’équivalence des terres, la nature des cultures, le principe du respect de la proximité du siège de l’exploitation. Ce ne  fut pas toujours respecté dans la pratique.

Cependant, le lourd héritage affectif du passé, le grand nombre d’intérêts et d’intéressés et la complexité des démarches n’a pas facilité la mise en place de lois pour assurer le regroupement cohérent et la redistribution équitable des terres. Le remembrement, par les différentes opérations qu’il impliquait apparaissait souvent comme une provocation dans le village et une remise en cause des rapports sociaux (entre paysans de différents statuts, entre agriculteurs et élus, propriétaires et exploitants, et entre  ruraux et fonctionnaires).

Souvent, à la conception de la terre comme moyen de production et aussi d’échange, les agriculteurs opposaient d’autres significations qui incluaient la terre comme indicateur de statut social, support d’un passé de lutte pour l’accès à la propriété foncière. La terre est un patrimoine, de plus un attachement symbolique et sentimental  lié à la transmission de la terre était un élément à prendre en compte par les autorités.

Le manque d’information est un problème qui préoccupa les agriculteurs. Dans les communes remembrées beaucoup d’entre eux se plaignaient d’un manque de clarté dans les explications accompagnant les opérations. Cette attitude se trouvait aussi chez les agriculteurs favorables au remembrement. L’opinion prévaut qu’en « haut-lieu » on était également peu ou mal informé de ce qui se passait dans les petites communes et qu’on ne se préoccupait  guère du sort des campagnes. Pour d’autres, la responsabilité est surtout portée au compte des intermédiaires : (maires, DDA, géomètre).Parfois les membres de la commission communale sont accusés d’entente préalable au détriment des absents, qui se sentent exclus et lésés.

Le remembrement s’est plutôt bien passé dans le canton, cependant il y a eu  quelques exceptions  :

– Bourberain : Trois clans avaient été décelés par les fonctionnaires de la DDA. : les « jeunes agriculteurs dynamiques »,  les «  anciens biens installés », et les «  hostiles ». Des  réclamations arrivèrent au service contentieux de la DDA jusqu’au milieu des années 1990

– Chaume : Le premier remembrement de 1956-59, qui était un des premier de Cote D’Or s’est relativement bien passé. Par contre, en ce qui concerne le remembrement du village, il y eut des réclamations auprès de la commission départementale et de vives tensions. Chaume, à l’initiative du maire de l’époque Eugène Thévenot,  fut un des premiers villages de France et le premier de Cote d’Or à remembrer le bâti d’un village et ses  attenants. A cette occasion, une émission télévisée fut tournée, intitulée : «  Chaume village pilote ».

-Fontaine – Française : C’était un remembrement particulier en raison de la présence de la question de la grande propriété foncière. La municipalité souhaitait au maximum rassembler ses parcelles  afin d’essayer d’anticiper son expansion en tenant compte de la donation importante dont elle se savait bénéficiaire. Le docteur Berger,  alors maire de la commune avait émis le rêve de remembrer l’étang du Fourneau afin de l’assécher et de l’assainir, devant le refus du propriétaire, le projet fut abandonné. Cette anecdote fut confiée par Henry Berger à un chercheur alors qu’il était président du Conseil Général.

-Fontenelle : Le remembrement fut tardif, dernier du canton, il fut terminé en 1995. Il y avait une grande diversité d’exploitations, cela ne fit qu’accentuer les difficultés déjà existantes. Le sentiment de spoliation et d’injustice  est demeuré très vif, il s’agit toujours d’un sujet brûlant.

 

-Mornay : Des réclamations perdurèrent bien après le remembrement.

– Saint Maurice /Vingeanne : Il y eu des arbitrages difficiles. La commission départementale fut saisie. Des lettres furent écrites aux plus hautes autorités de l’État, dont il reste des traces dans les archives, c’était sans doute un des buts recherché d’ailleurs.

– Saint Seine Sur Vingeanne : Selon certains techniciens agricoles, c’est dans cette commune que se serait déroulé le remembrement le plus équilibré. La taille  moyenne des parcelles est passée de moins de un hectare à plus de cinq hectares, sans que des contestations  majeures soient parvenues aux autorités.

Le remembrement est réussi lorsque les parcelles sont bien regroupées et bien desservie, et les enclaves supprimées. Après le remembrement, les sols ne sont plus qu’un potentiel pouvant être amélioré, ce qui est le cas dans le canton de Fontaine – Française, le remembrement ne fut qu’une étape dans le développement des exploitations. Toutefois, lorsque l’étape fut bien négociée par les propriétaires, ce ne fut pas négligeable pour la suite. La grande propriété fut elle aussi, bien entendu, remembrée (au même titre que la « micro propriété » d’ ailleurs),ce qui généra de très grands ensembles de parcelles. Les jardins furent parfois remembrés ainsi que les vignes et les vergers , ce qui changea la nature des cultures en ce qui concerne les  » nouvelles parcelles « par rapport « aux anciennes parcelles ».

 

 Selon les experts, le remembrement, surtout avant 1976 et la mise des études d’impact, eut aussi pour conséquence l’arrachage des haies, la création de fossés disproportionnés, la disparition des friches et de certains bosquets. La conséquence de ces atteintes au paysage fut une atteinte à la diversité de la faune et de la flore. De plus le regroupement de parcelles ne fit que s’accentuer consécutivement au remembrement, ce qui facilita le drainage des zones humides et les conséquences néfastes sur les crues rapides des cours d’eau, ainsi que l’assèchement des zones humides qui avaient un rôle régulateur.

 

Le remembrement, a enlevé du caractère au paysage. Il  a marqué les esprits et parfois donné un sentiment de spoliation à certain  protagonistes et causé des traumatismes. Mais il a permis à l’agriculture d’être compétitive en mettant en place les conditions de la croissance des rendements ainsi que l’adaptation des exploitations à des cultures rentables et en permettant la naissance de la grande culture céréalière à un canton voué à la polyculture-élevage. Il faut noter que l’agriculture biologique , s’est adaptée au parcellaire issu du remembrement puisqu’elle s’est mécanisée.


 

      Le remembrement a été le principal outil d’aménagement foncier utilisé dans le département de la Côte d’Or, comme celui mené en 1707 (premier remembrement d’Europe) sur la Commune de  Rouvres  En Plaine

  Le 27 Novembre 1918, la loi CHAUVEAU (sénateur de la Cote D’Or) a reconnu  I’ utilité publique du remembrement.

Loi du 9 mars 1941 : introduisant l’existence de commission et de travaux connexes comme la création des chemins ruraux gérés par les Associations Foncières

Loi du 10 juillet 1976/ obligeant à procéder à une étude d’impact.

Suite à la loi de 2005 relative au développement des territoires ruraux du 23 février 2005, la mise en œuvre des procédures, auparavant assurée par la DDAF au nom de l’État, est transférée au Département depuis le 1er janvier 2006.

source : Le remembrement de 1945 à nos jours dans le canton de Fontaine Française. mémoire de maitrise université de Bourgogne 1993.

D’après les archives de la Diren et de DDA et la consultation de divers écrits ( dont ceux d’ Alice Barthez ) et ouvrages au sujet du remembrement.

Le mémoire de maitrise fut dirigé par Marcel Vigreux  et a obtenu une mention. Le mémoire est disponible à la B.U de Lettres et à la B.S d’Histoire à Dijon, il me semble.

A ce sujet,voir l’article que j’ ai écrit en qualité de correspondant de presse dans le journal  Le Bien Public du 9 /11/09. L’ article contient le témoignage d’ agiculteurs retraités de Montigny Sur Vingeanne et de Saint Maurice Sur Vingeanne.

Précisions: Les recours étaient possibles devant la commission communale, la commission départementale, et parfois jusqu’au Conseil d’Etat. Un propriétaire en théorie pouvait retirer une parcelle du remembrement, dans la pratique c’était plus difficile, car cette  » mise en réserve  » devait etre compensée par la « cession » d’une équivalence en valeur. Le refus total du remembrement de la part d’un propriétaire de plusieurs parcelles n’était guère envisageable en raison du morcellement des parcelles. De plus les remembrements de vergers et de bois furent possibles car la nature de ces parcelles sur la matrice cadastrale ne correspondait pas toujours avec leur nature réelle sur le terrain. Ainsi un bois ,un verger,etc… pouvaient apparaitre sous la désignation « terre » et ainsi être remembrés. Un autre problème s’est parfois posé, celui des titres de propriété. Certaines personnes pensaient être propriétaire et n’avaient pas le titre de propriété, celui-ci n’avait pas été enrigistré… . Le fait de payer des impots sur le terrain pouvait constituer une preuve de propriété. Cependant la situation était floue en ce qui concerne les indivisions… d’où des incompréhensions, des conflits familiaux..

Lien:

http://www.bienpublic.com

310px-rouvres_avant_remembrement.1259314520.jpg300px-rouvres_apres_remembrement.1259314508.jpgLe remembrement à Rouvres-En-Plaines avant et après