De belles stèles, des pages d’histoire

Lieu de recueillement, le ­cimetière, dernière demeure de tout un chacun, livre parfois des secrets à qui sait les dénicher.
Dans le cimetière de Fontaine-Française, le visiteur découvrira les tombes d’une partie de la famille de La Tour du Pin et de ses descendants, placées au chevet de l’église, derrière la sacristie, et composées de quatre caveaux séparés.

Parmi les personnalités ­illustres inhumées dans le cimetière communal, figure Honorine de Monaco, épouse du marquis de la Tour du Pin. Cette dernière a habité à Fontaine-Française de 1820 à sa mort en 1875 à 96 ans.

Honorine de Grimaldi, princesse de Monaco, a été marquée par le souvenir de sa mère, Françoise-Thérèse de Choiseul Stainville, princesse de Monaco, épouse du prince Joseph de Grimaldi de Monaco, second fils d’Honoré III, exécutée la veille de la mort de Robespierre. Elle a laissé le souvenir d’une grande dame solidaire de la souffrance de ses contemporains. Elle a fait bâtir l’école des filles à côté du presbytère, une salle d’asile et un bureau de bienfaisance et a fait de nombreux dons aux indigents.
De nombreuses campagnes à son actif

Le fils d’Honorine de Monaco, repose à ses côtés. Né à Paris le 12 juin 1806, Louis, Gabriel Aynard, marquis de la Tour du Pin de Gouvernet de la Charce, colonel d’État-major, commandeur des ordres de la légion d’Honneur et du Dannebrog, a participé à de nombreuses et brillantes campagnes en Afrique, en Belgique, au Danemark et en Crimée. Il a été blessé le 8 septembre 1855 à la prise de la tour de Malakoff. Il décédera des suites de ses blessures à Marseille, le 11 novembre 1855, dans les bras de sa mère et de sa sœur Joséphine, Philis, Charlotte de la Tour du Pin de Gouvernet de la Charce, comtesse de Chabrillan. Il a été inhumé à Fontaine-Française, au milieu de ses amis, le 18 novembre 1855. Il est mort sans postérité, sa sœur a hérité du château de Fontaine-Française et des terres. Ses biens sont entrés alors dans la ­famille de Chabrillan.
Une femme de lettres

Une autre célébrité repose au cimetière de Fontaine-Française, il s’agit de Louis, Gabriel, Oscar Grimaldi marquis des Baux, fils naturel du prince Honoré V souverain de Monaco. Appelé ­Oscar Grimaldi, né le 9 juin 1814 à Paris, il décède le 11 juillet 1894. Oscar de ­Grimaldi est enterré aux côtés de sa tante Honorine de Monaco.

La princesse Anne Françoise de Croy (1831-1887) épouse du comte Fortuné de ­Chabrillan repose également près de sa famille ainsi que la comtesse de Chabrillan, née Félicité de Lévis-Mirepoix, femme de lettres, auteur de Fontaine-Française et ses souvenirs , Visions d’Afrique , Une amie de Voltaire, Madame de Saint-Julien, Légendes des prouesses et des galanteries d’Henri IV au bourg de Fontaine-Française.

Une croix à la mémoire d’Anne-Marie Madeleine de la Tour du Pin, épouse de Marie-François Bollioud de Saint-Julien, l’amie de Voltaire, figure également près des sépultures.

Ces tombes sont non seulement des monuments mais également des pages de l’histoire de France que l’on peut découvrir au détour d’une visite.

Fontaine-Française : un lieu chargé d’histoire

Le château de Fontaine-Française a rouvert ses portes à la visite individuelle, comme chaque année depuis dix-huit ans.
Situé à 38 km de Dijon, en direction de Champlitte, l’édifice offre un décor exceptionnel. Encore habité à l’heure actuelle, il est entièrement meublé.
Les visites guidées permettent d’appréhender son ­architecture et son décor mais également les anecdotes familiales qui en font un lieu incontournable pour découvrir une partie de l’histoire locale. Le visiteur pourra également se promener dans le jardin paysager réalisé entre la fin du XVIIIe siècle et le début du siècle suivant.
Le château est marqué par l’empreinte de Madame de Saint-Julien, née Anne-Marie Madeleine de la Tour du Pin, qui épousa Marie-François Bollioud de Saint-Julien, conseiller du roi, receveur du clergé de France et lieutenant du roi, qui fit construire le château. Femme cultivée, Madame de Saint-Julien était très intéressée par la littérature. Elle était amie de Voltaire, qui l’appelait « son papillon philosophe ».
Mme de Staël a commencé son roman Corinne ou l’Italie au château de Fontaine-Française et le chevalier de Boufflers a écrit son “libre arbitre” au bord de l’étang Pagosse.
Tél. 03.80.75.80.40. Site : http://www.chateau-fontainefrancaise.fr/.
Le château accueille les visiteurs jusqu’au 30 septembre, de 10 à 12 heures et de 14 à 18 heures, tous les jours sauf le lundi, mardi et dimanche matin. Les visites sont assurées au mois d’août par Inès Schlaf. L’accès au parc est gratuit. Tarifs : adultes, 6 € ; de 12 à 18 ans, 4 € et gratuit pour les moins de 12 ans.