Une visite virtuelle réussie.

Une visite virtuelle réussie.

Les élèves de troisième du collège Henry Berger à Fontaine-Française, ont effectué jeudi, une visite virtuelle du muséum d’histoire naturelle Jacques de la Comble, situé à Autun.

A l’aide d’un robot télécommandé depuis le collège, ils ont pu observer les collections du muséum, d’âge Carbonifère, Permien, et Trias.
La visite a été conduite, au muséum, par Dominique Chabard, attaché de conservation au Muséum d’histoire naturelle, et au collège, par Joëlle Masson, leure professeure de Sciences et Vie de la Terre ( SVT )
Le muséum d’Histoire Naturelle d’Autun (MHNA) travaille en étroite collaboration avec la société d’Histoire Naturelle d’Autun (SHNA) reconnue d’utilité publique. Il est partenaire pour l’étude et la gestion des collections du Carbonifère avec le Muséum d’Histoire Naturelle (MHN), à Paris. Il gère dans ses réserves plus de 800 000 échantillons et propose de nombreuses activités qui s’intègrent dans les thématiques que les élèves doivent aborder en collège sur le cycle 4.
Grace à cette visite, les élèves ont pu illustrer leur cours de Sciences et Vie de la Terre sur l’évolution, et plus particulièrement étudier les paléo-environnements et la biodiversité bourguignonne entre -300 et -250 millions d’années environ. Ils observeront des échantillons fossilifères représentant les animaux et les végétaux ayant vécu dans la région à ces époques, certains échantillons correspondant à des groupes d’êtres vivants aujourd’hui disparus, d’autres correspondant à des groupes toujours représentés, tel les groupes des prêles.
Un voyage dans le passé pour imaginer des paysages où la végétation exubérante poussait à proximité de bassins lacustres, sous un climat tropical, au sein d’une chaîne de montagnes, la chaîne hercynienne. Puis, 50 millions d’années plus tard, un paysage aplani, en bordure de mer, sous un climat plus aride, où des reptiles à l’origine des premiers dinosaures ont laissé leurs empreintes.
Témoignages :
Roch (14 ans) : « C’était une visite intéressante. Nous avons pu visiter le musée sans nous déplacer. »
Flora (15 ans) : « C’était bien expliqué. J’ai pu découvrir des fossiles du Permien, du Carbonifère et du Trias. »
Léane (15 ans) : « Cette visite du Muséum d’Histoire Naturelle d’Autun a bien illustré le cours. »

Autun (suite)

C’est ce qui explique la liberté dans la déformation des corps et le travail graphique des drapés finement plissés qui offre plus de spiritualité et d’émotions aux personnages (ce qui est comparable à la Cathédrale Sainte-Foy de Conques où l’on retrouve des personnages plus robustes et proportionnés, dans une idée plus moraliste). Le fidèle devant ce tympan fait face alors à une apparition soudaine qui le laisse ébloui, stupéfait, étonné, face à cette tragédie analogue à l’Apocalypse ; et après avoir balayé du regard le Paradis et l’Enfer emplis de mouvement et de dissymétrie, il se concentre sur l’image du Christ, immobile et symétrique, qui est le seul à pouvoir lui apporter la vie éternelle dans la Jérusalem céleste.
Le portail est un lieu important, séparant le monde profane et le monde sacré. Il est un lieu privilégié de la représentation et mise en scène du pouvoir de l’Ecclésia. Ainsi, le décor du portail fait partie d’un programme iconographique mettant en valeur la sacralité de l’édifice. A Autun, après avoir monté des marches, le fidèle contemple le Christ-juge siégeant au milieu du tympan. La position et l’attitude hiératique du Christ en majesté place le spectateur devant la terrible condition humaine et son choix entre le bien et le mal. Ce choix est mis en avant par le thème du tympan et du linteau, le Jugement dernier. Le thème du Jugement dernier porte sur la résurrection de l’âme et l’accès au Paradis ou dans le cas contraire à l’Enfer. De par ce fait la représentation est empreinte d’une connexion forte entre le monde terrestre et le monde céleste. Le monde terrestre est évoqué par le linteau avec la résurrection des morts et la représentation des sépultures qui font écho au cimetière situé en face du portail. De plus, la position du portail à l’Ouest renvoie à la région des morts et la qualité de psychopompe de l’archange Michel (présent sur le « Grand portail » d’Autun) permet de créer un réseau de références et d’analogies entre royaume des morts et monde terrestre. Le monde céleste, lui, est évoqué par le tympan, où les éléments architecturaux et architectoniques, tels que les arcades, ou encore les trônes (notamment celui du Christ), font allusion à la Jérusalem céleste. Cependant certains éléments architectoniques, comme les pilastres cannelés et les chapiteaux à feuillages, font une analogie avec la cathédrale d’Autun (monument terrestre) et donc, avec le monde des mortels. Avec ce thème de Jugement dernier et les analogies entre monde terrestre et monde céleste, l’église est assimilée au Paradis. De ce fait le portail de l’église symbolise l’entrée du Paradis et donc de la Jérusalem céleste, et le fidèle pénétrant dans la cathédrale pouvait donc concevoir sa démarche comme une anticipation.

Paradis. Néanmoins, ce n’est pas la seule portée du portail, puisqu’il a également une fonction d’intermédiaire entre l’univers urbain et l’espace sacré de la Maison Divine. Le portail est un espace de vie communautaire avec une forte dimension sociale au sein du monde médiéval. Il est en fait un lieu privilégié des activités de la société tel que les activités marchandes ou encore les réunions publiques.
Cette dimension profane du portail est équilibrée par sa sacralisation. Cette sacralisation se fait d’une part par la liturgie : à certaines occasions le portail est le lieu de cérémonies ou de processions, tels que pour les enterrements ou encore la réadmission des pécheurs dans la communauté spirituelle de l’Ecclésia le Jeudi Saint (cérémonie qui trouve un écho particulier sur le tympan occidental d’Autun). Ainsi le franchissement du seuil est un temps fort de la liturgie médiévale. D’autre part, le décor du portail apporte une dimension sacrée à cet espace que ce soit par la symbolique, l’épigraphie ou encore par l’iconographie. D’un point de vue symbolique le portail, et en particulier la porte, véhicule en lui-même un sens sacré. Dans les textes, notamment dans l’évangile de saint Jean Jésus s’identifie à une porte (« je suis la porte des brebis […]. Je suis la porte. Si quelqu’un entre par moi il sera sauvé […] »), celle qui permet la salvation.

Le tympan de cathédrale Saint Lazare d’Autun (suite)

Parmi ces personnages, certains d’entre eux possèdent des caractéristiques des impurs : l’avare qui est représenté par sa bourse et sa bouche béante, la femme luxurieuse avec les serpents mordant ses seins, etc. Ils réalisent tous un mouvement centrifuge, qui est imposé par l’ange armé repoussant le premier de la lignée, et se dirigent vers un pécheur qui se fait extirper de sa tombe par deux mains griffues, certainement celles d’un démon. Ce dernier, par l’alignement vertical avec le diable réalisant la psychostasie, semble être emmené à la scène de la pesée des âmes. Tous les personnages de senestre semblent donc attendre leur jugement (ce qui explique que certains réalisent des gestes de prière, dans l’espoir d’être sauvés), contrairement à ceux de dextre qui semblent accédés directement à la vie éternelle. La scène de la psychostasie est représentée, comme le veut la tradition, par une balance (illustration 8). Si, traditionnellement l’archange saint Michel la tient, elle est ici tenue par une main provenant du Ciel dans une nuée épaisse : la main de Dieu. Cette balance est flanquée de deux personnages. Le premier personnage très allongé et de profil qui n’est autre que l’archange Michel (représenté en psychopompe), aidant un ressuscité à faire tomber la balance de son côté, tandis qu’en face, un démon tente de faire la même chose de son côté. Jugée sur cette scène, une âme nue penche du côté de saint Michel, ce qui la place du côté des élus (malgré ses péchés, qui sont représentés du côté du Diable, son âme reste rachetable). On souhaite montrer ainsi que même au sein des pécheurs, il y a toujours moyen de salvation. D’autres n’ont cependant pas cette chance, comme on peut le voir sur la partie latérale droite du tympan. Un diable sortant de la gueule du Léviathan hisse une femme par une fourche et trois autres liés par une chaîne pour les emmener aux Enfers, sans peut être même avoir été jugés (ils pourraient correspondre au statut grégorien de ceux qui ont commis trop de péchés pour mériter le poids de la balance). Il y a donc deux mouvements qui convergent : les pécheurs-élus qui rejoignent la Jérusalem céleste obliquement, et les damnés qui sont envoyés aux Enfers. Deux autres démons, tout en courbe, semblent jetés d’autres damnés dans la fournaise, représentée par un chaudron sur des flammes. Les démons présents à senestre du Christ, sont représentés.
Ils peuvent être accompagnés comme celui qui pèse les âmes de serpents tricéphales, soulignant leur monstruosité. Ces derniers sont hiérarchisés selon une distribution de rôle présente dans les Commentaires de l’Apocalypse rédigés au VIIIème siècle par le moine Béatus de Liébana. Dans la partie supérieure, à la gauche du Christ, on retrouve Elie et Enoch dans la zone du Paradis, ayant bénéficié de l’accès à ce dernier de leur vivant.
Cette sculpture de tympan, avec une composition d’excellente qualité, permet de rendre une grande expressivité à la fois dans la déformation des corps, les émotions des visages et des gestes, l’agitation par le mouvement, la stylisation des formes, la polychromie ou l’autorité des inscriptions. Elle se retrouve même dans la silhouette imposante du Christ en gloire, trônant dans sa mandorle, soutenu par quatre anges au centre de la composition, pourtant très hiératique par rapport à tout le mouvement qui s’opère autour de lui. Cette expressivité du Christ devait se manifester par la riche polychromie dont il était revêtu (un nimbe richement décoré, une carnation rosée, des coulures rouges pour l’évocation des stigmates, etc.). L’inscription parcourant le contour de la mandorle du Christ, « Omnia dispono solus meritos[que] corono … quos scelus exercet me iudice pena coercet » (« Seul, je dispose de tout et je couronne les méritants ; ceux que le péché tourmente, par mon jugement, le châtiment les punit ») était également rehaussée de couleurs pour lui donner plus d’autorité. Cette dernière insiste sur le pouvoir du Christ en tant que Juge unique de la salvation des âmes par l’expression « Me judice » (provenant du texte de Matthieu) : le Christ tout puissant parle à la première personne du singulier. Cette inscription permet également de séparer les bons des mauvais, les « méritants » de « ceux que le péché tourmente ». Gislebertus dans ce portail montre le Christ comme centre du cosmos, dans une vision surnaturelle, puisque le Jugement dernier n’est qu’imagination (il n’adviendra que dans le futur).

Autun (suite)

Il est possible de remarquer très clairement cette séparation au niveau du linteau, où un ange armé vient marquer la division dans ce cortège des ressuscités. Ils sont pour la plupart déjà sortis de leurs tombes ressuscités au son des trompettes soufflées par les anges aux extrémités du tympan. Il réalise la séparation entre les « justes » et les « damnés » (une idée qui est à nuancer, comme il sera démontré à la suite de ce développement). Il est rare que tant d’importance soit donnée à la séparation des « bons » et « mauvais » sur un tympan, c’est pourquoi il est intéressant de commencer de là.
Tout d’abord, du côté du groupe des « justes », à la droite du Christ, est identifié par l’inscription en vers léonins : « Quisque resurget ita quem : non trahit impia vita et lucebit ei sine fine lucerna dei » (« ainsi ressuscitera quiconque ne mène pas une vie impie et luira pour lui sans fin la lumière du jour »), ce qui indique que tout ce qui se trouve de ce côté suggère la partie des élus. Il est possible de voir trois personnages portant des manteaux, certains avec des vêtements sacerdotaux et d’autres étant complètement nus. Ils se dirigent dans une relative sérénité (comme engagés dans une procession) vers l’axe de la composition (le Christ) afin de pouvoir accéder à la Jérusalem céleste, qu’ils regardent en levant les yeux. Certains contemplent le Christ, comme on peut le voir par les mains posées sur le menton ou levées au ciel.
Comme on peut le voir par les mains posées sur le menton ou levées au ciel, d’autres rendent grâce au Christ-Juge par des gestes de prière. Un groupe peut retenir notre attention : celui composé de l’Ange avec la représentation de trois âmes nues qui s’accrochent à lui en pointant la Jérusalem céleste, comme s’ils demandaient à y accéder (cela a été interprété comme trois enfants impatients d’aller au Paradis). De rares visages sont emplis de craintes, ce qui montre que la peur n’abandonne pas pour autant les élus. Cependant, cette crainte reste moins exprimée par rapport à ce qui est observable sur la gauche du Christ. Leurs regards s’élevant offrent un mouvement ascensionnel qui emmène le spectateur à regarder la partie gauche du tympan. Au niveau inférieur de celui-ci, on peut voir entre autre un groupe de huit personnages se dirigeant vers le Christ qui sont désignés comme des apôtres, mais certains spécialistes aujourd’hui les attribuent à des élus (comme dans les compositions byzantines du Jugement dernier). Ces personnages sont représentés de manière très longiligne et graphique, avec de beaux plissements de drapés (proche de la tradition byzantine). L’homme imposant aidant une âme, représentée plus petite, à atteindre le Paradis n’est autre que saint Pierre, qui est présenté sous la fonction de psychopompe. Il est reconnaissable par son attribut : les clefs du Paradis. L’extrême gauche est quant à elle occupée par l’ascension au Paradis des élus (représentés nus comme le veut la tradition occidentale), qui sont aidés par des anges les transportant. Ces derniers sont représentés ailés, auréolés, pieds nus, vêtus de longues robes, comme le veut la tradition iconographique, et possède un corps filiforme qui participe à l’élévation du regard pour le fidèle. Cette élévation emmène à la représentation de la Cité céleste, le Paradis, pourvue d’arcades à trois niveaux, où l’on peut voir des bienheureux qui ont déjà accès au Paradis éternel. Pour accéder à cette vie éternelle, il faut réussir à traverser les ouvertures étroites qui correspondent au chemin resserré conduisant à la vie éternelle. La Vierge en adoration trônant à la droite du Christ fait écho à la porte ouverte du Paradis, elle revêt alors la fonction de « porte » du Ciel dans l’ascension spirituelle du fidèle.
Pour ce qui est du côté des « damnés » du linteau, c’est-à-dire à la gauche du Christ, ils sont identifiés par l’inscription en vers léonins: « Terreat hic terror ; quos terreus alligat error : nam fore sic verum notat hic horror specterum » (« Que cette terreur terrifie ceux qui lie l’erreur terrestre, car l’horreur de ces images signifient que tel sera leur sort »), qui prévient le fidèle de ce qui arrive aux pécheurs. Il est représenté dix-huit personnages, dont la plus grande majorité est nue, et dont les fortes expressions contrastent avec la sérénité du groupe qui leur fait face.

Le tympan de la cathédrale Saint Lazare d’Autun (suite)

Le tympan de la cathédrale Saint Lazare d’Autun est historié, il présente une figure centrale et imposante sur toute sa hauteur. Cette figure masculine siège sur un trône formé par une architecture en arcade, elle est auréolée d’un nimbe crucifère. Cette figure est frontale, aux bras ouverts et positionnés au niveau du bassin, et est inscrite dans une mandorle. Le pourtour de la mandorle porte l’inscription latine : « Omnia dispono solus meritos [que] corono quos scelus exercet me judice poena coercet ». En haut du tympan, encadrant le nimbe cruciforme se trouve deux visages émergeant d’un cercle. Quatre êtres ailés entour la mandorle, les deux de la partie supérieure sont renversés. La partie gauche du tympan est séparée en plusieurs registres. Sur la partie haute, au plus proche de la figure centrale est figuré une femme nimbée siégeant sur un trône reposant sur une arcature miniaturisée, à son coté un homme ailé porte une trompette. A sa droite est représentée une architecture sur plusieurs niveaux pourvus d’arcades, animées par différente figure humaine. Sous la figure trônant se trouve un groupe de neuf hommes auréolés, dont huit sont tournés vers la figure centrale ; le neuvième, plus grand que les autres, est tourné vers la gauche tenant dans sa main droite une grande clé et dans sa main gauche les mains d’une figure humaine nue et miniaturisée. A gauche de ce groupe, se trouve un groupe de trois personnages, un homme ailé portant un être nu plus petit afin qu’il ait accès à l’architecture en amont ; il est enlacé par un autre de ces êtres. Un autre groupe formé également par trois personnages jouxte ce groupe, le personnage central du trio est un ange jouant de la trompette il est agrippé par un homme nu, un autre lui faisant face est cramponné à une aile de son homologue. La partie droite du tympan est subdivisée en plusieurs parties. Dans la partie haute trône deux hommes nimbés dont l’un tenant un livre. Ils reposent sur une arcature faisant écho à celle de gauche. A leurs côtés un personnage ailé tient une trompette. Sous eux les personnages sont divisés en deux, par une balance soutenue par une main émergeant de l’architecture. La balance penche vers la gauche son plateau accueillant deux figures nues miniaturisées. Le plateau est tenu par un grand personnage ailé, abritant deux petits hommes nus dans les plis de son vêtement. Dans son dos une figure auréolée tenant un livre est tournée vers la mandorle. En opposition, le plateau droit de la balance, où se trouve un démon, est en hauteur. Un autre démon décharné est présent.
Dans ses jambes, appuis sur la balance de sa main droite et de sa main gauche tient un personnage nu par les cheveux. Derrière lui un troisième démon grimaçant le surplombe, celui-ci porte sur ses épaules une autre créature démoniaque semblant précipiter un homme dans orifice. D’autres démons émergeant de cet orifice torture les autres personnages, à leur gauche un ange joue de la trompette.
Le tympan repose sur un linteau également historié. Entre le tympan et le linteau se trouve trois phrases inscrites de gauche à droite, « Quisque resurget ita quem non trahit impia vita et lucebit ei sine fine lucerna dei », « Gislebertus hoc fecit » et « Terreat hic terror quos tereus alligat error nam fore sic verum notat hic horror specierum ». La frise du linteau est séparée en son centre par un ange tenant une épée. Les figures de gauche comme de droite émergent de sépultures. Le cortège de gauche est constitué de figures nues ou habillées tournées vers la figure se trouvant dans la mandorle, et au centre de ce groupe se trouve un ange.
Trois voussures encadrent l’ensemble. La voussure interne est non-historiée et repose sur deux chapiteaux, celui de gauche représente six vieillards de l’Apocalypse et celui de droite la purification de la Vierge et la Présentation au Temple. La voussure centrale est ornée d’une guirlande végétale et repose sur un chapiteau représentant le renvoi d’Agar et Ismaël par Abraham d’une part, et la conversion de saint Eustache de l’autre. La voussure externe présente une série de trente médaillons et demi figurant les signes du zodiaque et les mois de l’année.
Le décor de ce tympan et du linteau relate principalement la séparation des nations évoquées par Matthieu au sujet du Jugement dernier, qui reçoit ici une mise en scène magistrale. Le monde est alors séparé selon un rythme binaire que l’on retrouve à plusieurs fois sur le tympan : l’opposition droite/gauche, bien/mal, Paradis/Enfer, justes/damnés, etc.

Le tympan du jugement dernier de la cathédrale saint Lazare d’Autun


Autun, ville de Saône-et-Loire, fut depuis l’Antiquité un évêché de grande importance et jusqu’à la fin du XVème siècle, rayonna par sa culture. Cette cité florissante se dota ainsi de nombreux édifices ecclésiastiques marquant l’identité religieuse et le pouvoir politique de la ville. Parmi ceux-ci, la cathédrale Saint-Lazare s’implante vers 1120, tardivement par rapport à la cathédrale Saint-Nazaire ou encore l’église Notre Dame. L’église Saint-Lazare, orientée sud-est, est consacrée par le pape Innocent II en décembre 1130. Le bâtiment sera en grande partie achevé dans les années 1147, la dernière partie de l’édification étant le porche septentrional en 1178. Elle adopte le statut de cathédrale en 1195. Ce qui fait, entre-autre, la renommée de Saint-Lazare d’Autun est son portail occidental, appelé aussi le « portail du Jugement Dernier », dont traitera cette étude.
Ce portail occidental a été attribué à l’atelier du sculpteur Gislebertus, d’après une inscription se trouvant aux pieds du Christ (« Gislebertus hoc fecit », « Gislebertus m’a fait »), bien que certaines études récentes remettent en doute cette idée. Il comprend un « grand tympan » (terme accordé aux tympans dont les dimensions excédent 5 mètres de large) datant de 1130-1140, sculpté en haut et très haut relief, d’une base de 6,50m et d’une hauteur de 4,60m (sans compter la voussure externe comprenant le zodiaque), ainsi que d’un linteau en moyen relief d’une hauteur de 0,75m . On trouve également un trumeau médian et des chapiteaux aux extrémités qui soutiennent ce dernier. 29 pierres de calcaire blanc (provenant certainement de Tournus, Chalon ou Beaune) ont été utilisées pour la réalisation de ce tympan. Ce porche septentrional a connu diverses dégradations. En 1766, des chanoines jugeant « barbare » la façade de l’édifice décide de la recouvrir de plâtre et d’endommager la voussure interne du portail. La tête du Christ, trop proéminente, avait été retirée et déplacée en sécurité. Cette étape permettra finalement au tympan de survivre aux destructions révolutionnaires, et le tympan sera remis au jour en 1837. Une restauration est alors menée par Viollet-le-Duc dans les années 1858 où l’on remplace le trumeau mutilé par une copie. Certains chapiteaux sont également rénovés à cette époque. La tête du Christ sera retrouvée dans les collections du Musée Rolin par le chanoine Grivot et replacée en 1948. L’édifice a également connu une restauration ces dernières années, entre 2009 et 2013, des restaurations qui ont permis notamment à replacer des fragments de visage sur certains élus. Le tympan est alors aujourd’hui en très bon état de conservation, bien que l’on puisse noter quelques fissures au niveau du linteau dues au poids du tympan et que la polychromie a disparu. Ce portail présente donc le thème du Jugement dernier, un thème évoquant la fin des temps qui tend à se développer sur les portails romans aux XIIème et XIIIème siècles en France.
Afin de comprendre comment ce thème eschatologique du « Grand Portail » d’Autun conduit le fidèle à s’interroger sur la salvation de son âme, sera envisagée après une brève description une approche sur l’aspect fortement émotionnel présent dans la conception du tympan, suivi d’une partie sur la dimension du portail qui sépare et lie le monde profane du monde sacré. Enfin, un dernier point primordial au sujet du pèlerinage organisé autour des reliques de saint Lazare permettra de mettre en avant l’importance de la Résurrection dans cet édifice religieux.
Le portail d’Autun est formé de plusieurs parties, la partie centrale au-dessus de la porte étant le tympan, qui est soutenu par un linteau reposant sur des chapiteaux et un trumeau central. L’ensemble est souligné par trois voussures qui reposent elles aussi sur des colonnes.
Le tympan est historié, il présente une figure centrale et imposante sur toute sa hauteur.

Abbaye saint Martin d’Autun

Abbaye saint Martin d’Autun
L’abbaye de Saint-Martin d’Autun, est un établissement religieux d’hommes, de l’ordre de Saint-Benoît, fondé par la reine Brunehaut et l’évêque d’Autun, Saint Syagre, au nord-est et hors les murs de la ville d’Autun, à 400 mètres de la porte romaine de Saint-André, au finage de Saint-Pantaléon, sur la rive droite de l’Arroux, en bordure nord des voies romaines d’Autun à Langres, Beaune et Besançon. Elle ne dépend d’aucune paroisse, mais directement de Rome. Elle est implantée probablement à l’emplacement d’une villa gallo-romaine. Un plan dressé en 1658 et des fouilles exercées dernièrement permettent de faire la visite » de l’abbatiale dédiée à Saint Martin voulue par Brunehaut.
Deux tours carrées flanquaient l’entrée principale. Le pignon de l’entrée de l’église était constitué de moellons, en haut une figure en demi bosse et en demi corps de Charles le chauve a été installée, il fit rebâtir l’église après le passage des Sarrazins. On peut noter une certaines unités des murs gouterreaux et des parties basses de la façade. Dans une construction, le mur gouttereau est le mur portant une gouttière ou un chéneau terminant le versant de toiture et recevant les eaux par opposition au mur pignon. On entre dans l’église abbatiale par l’ouest en matant un escalier de cinq marche, on arrive au narthex, appelé parfois antéglise ou avant-nef, c’est un portique interne ménagé à l’entrée de certaines églises paléochrétiennes ou médiévales. C’est un espace intermédiaire avant d’accéder à la nef. Le narthex constitue une originalité par rapport aux édifices gallo romains. La voute du sanctuaire était autrefois recouverte de mosaïques qui furent arrachées. Le sanctuaire était entouré de portiques à colonnes disposés de chaque côté de la nef. Les colonnes étaient surmontées de chapiteaux de marbre blanc d’ordre corinthien, dans un esprit classique. Le chevet a été percé à l’abside axiale pour rejoindre la chapelle extérieure.
A l’Est, la chapelle Notre Dame, a été restaurée aux XIIème-XIVème siècle, était une crypte conservant le tombeau de Brunehaut. Il semblerait que cette chapelle ait eu deux niveaux. La crypte aurait été dénommé : « Notre Dame sous Terre ».