Hommage à Gabriel Badiguez

DSCN9987Mercredi 21 septembre a eu lieu à Frettes, un hommage à Gabriel Badiguez, jeune homme ayant rejoint les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI)
Ce jeune résistant, mort pour la France au cours des années de combat de l’armée durant la Seconde Guerre Mondiale, a eu dès sa naissance une vie difficile. En effet, né le 9 avril 1925 à Saint Dizier, de père inconnu, il perd sa maman seulement 8 jours après sa naissance. Bébé, il est confié au service des enfants assistés de la Haute-Marne, ensuite il est placé dans plusieurs familles d’accueil à Vaudremont, Cirey en Blaise, Laneuville, et Voisey. Alors âgé de 15 ans, il arrive à Frettes le 25 avril 1940 chez Alexandre Mille en contrat de placement. Il ne quittera plus la localité. Début septembre 1944, son contrat de placement étant échu, il décide de rejoindre le maquis de Bussières.
Le 13 septembre 1944, il est chargé de conduire un pli de Frettes à la ferme de Montrecourt en Haute-Marne sur la commune de Grenant, où se trouvent regroupés les maquisards. Pour réaliser sa mission, il doit se déplacer par les champs et en forêt. Au retour de sa mission, il est repéré par les allemands qui l’abattent.
Son cadavre ne sera découvert que le 20 septembre 1944 par René Jeannot, agriculteur au lieu dit Prémontois à Belmont en Haut-Marne. Il est alors inhumé au cimetière de Frettes dans la tombe qui a été récemment restaurée.
Le 1er février 1945, le tribunal civil de première instance de Langres statuera et fixera la date de décès le lendemain du jour de sa découverte soit le 21 septembre 1944. le tribunal demandera au maire de Belmont de transcrire le décès sur le registre des actes de décès de la commune et de transmettre copie au maire de Frettes.
Sur proposition du ministère des armées du gouvernement de la République, par décision numéro 249 du 13 juillet 1946, une citation à l’ordre de l’armée lui sera décernée. Ce jeune volontaire des FFI qui est décédé en accomplissant une mission de liaison avec un maquis s’est vu décerné à titre posthume la croix de guerre avec palme.
Le 18 mai 1950, Marcel Caillet, maire de Frettes a inauguré une plaque apposée au monument aux morts de Frettes, et le nom de Gabriel Badiguez sera inscrit sur le monument aux mortes de Belmont.
Ce jeune homme arrivé à Frettes par le jeu des placements en famille d’accueil n’a pas hésité à se lancer dans la guerre à l’occupant malgré son jeune âge. Son abnégation, sa fidélité aux valeurs de la Nation et son courage sont des valeurs reconnues par tous. Il a laissé sa vie pour la France libre.
Sa mémoire a été célébrée pour se souvenir de son sacrifice pour la patrie, grâce à la volonté de quelques habitants de Frettes en particulier Daniel Hartmann. Une gerbe a été déposée mercredi sur sa tombe mercredi par Gilles Teuscher, maire de Champlitte, en présence d’Alain Blinette, conseiller départemental et de nombreux portes drapeaux venus de Haute Marne et de Haute Saône.

Un canal méconnu : le canal d’Entre Champagne et Bourgogne

DSCN0324[1]Un canal méconnu

Le canal d’Entre Champagne et Bourgogne est un canal bourguignon moins connu que le canal de Bourgogne avec lequel il est souvent confondu à tort.
Canal de petit gabarit, il a été classé dans la catégorie « réseau magistral  » en 2007 en raison son niveau d’eau constant. Toutefois VNF a engagé une réflexion sur les heures d’ouverture en raison de la faible activité, environ 700 bateaux l’empruntent chaque année. La fréquentation du canal n’est pas plus élevée en raison concurrence de la route et des autres modes de transport et de l’insuffisance de la fréquentation touristique. Le transport du grain s’effectue surtout par camion, la fréquentation de la navigation de plaisance a lieu surtout l’été. Le changement de nom du canal, autrefois nommé « canal de la Marne à la Saône », rebaptisé « canal entre Champagne et Bourgogne » dans un but de promotion touristique, n’a apparemment pas augmenté le nombre de plaisanciers.
Un maitre de Forge de la province de Champagne, en 1770, envisage le premier la construction d’un canal qui traverserait la Champagne et la Bourgogne du nord au sud. Le projet, portant soutenu par plusieurs personnes, semble irréalisable. Mais vers 1835 deux grands projets pour créer ce canal voient le jour. En 1845, après un vote à la chambre des députés le trajet empruntant la vallée de la Vingeanne est choisi. Le transport des productions de fer et de fonte du nord de la Haute-Marne vers la région lyonnaise rend indispensable la construction d’un tel ouvrage. En 1852 la priorité donnée au transport ferroviaire stoppe le projet. Cependant la conjoncture économique aidant (la concurrence imposée par l’Angleterre au niveau de la production d’acier) et l’issue malheureuse de la guerre de1870 avec le bouleversement des frontières a relancé le projet et la poursuite des travaux. La réalisation de cet ouvrage se fera en plusieurs tranches.
Il représente un grand intérêt pour la pêche et les touristes viennent y trouver le frais. La voie verte le longe permettant aux piétons et aux cyclistes de prendre les chemins de halage.
Repères :
Long de 224 km le canal Entre Champagne et Bourgogne emprunte cinq départements : Marne, Meuse (quelques km vers Ancerville), Haute-Marne, Côte d’Or. Il comporte 114 écluses (71 sur le versant Marne et 43 sur le versant Saône) et deux souterrains. De petit gabarit seul les bateaux dont l’enfoncement est inférieur à 1m80 peuvent l’emprunter.
Entre 1940 et 1942 le canal a servi de ligne de démarcation entre la zone occupée et la zone rouge ou zone interdite.