Chaume-et-Courchamp et son histoire.

Le patron de l’église de Chaume est Saint Michel, dont la fête est le 29 septembre.
Michel, dont le nom signifiait qui est comme Dieu, est l’ange par excellence, le vainqueur du démon, le chef des armées célestes, le protecteur d’Israël, c’est aussi le patron des métiers qui utilisent la chaleur du four., tels que les pâtissiers, les gaufriers.
En 1894, on s’aperçoit que l’église de Chaume, n’a pas d’existence légale, elle a été oubliée, lors de la signature du Concordat. Le desservant était le curé de Sacquenay. Cette année-là, Chaume n’est plus desservie religieusement, le curé de Sacquenay est décédé. Le cré de Sacquenay recevra 200 francs pour desservir Chaume. En 1907, l’église est donnée au curé en jouissance gratuite.
Depuis 1875, Chaume ne fait plus partie du canton de Selongey, Chaume, s’appelait Chaume-lès-Selongey.
L’église de Chaume renferme selon Guillaume, dans son livre, la Côte d’Or, un groupe en pierre du XVIème siècle (Dieu, le Père, et le Christ en Croix), un Saint Nicolas en bois et un Saint Pierre.
On disait des gens de Chaume que la moitié étaient fous, l’autre enragés.
Chaume et Courchamp, faisait partie du canton de Fontaine-Française, et comptait dernièrement 157 habitants; Aujourd’hui Chaume-et-Courchamp fait partie du canton de Saint Apollinaire.
Les villages de Chaume et Courchamp, distants de quatre kilomètres, ont été réunis en 1972, la mairie étant implantée à Chaume même.. La petite église Saint Martin de Courchamp, remonte au XVIIIème siècle. Elle possède un clocher en bardeaux et d’intéressants vitraux. En contrebas, au débouché d’un talweg, une fontaine alimente le lavoir. Les eaux qui se perdent ont montré, après coloration, qu’elles réapparaissaient à la source de Bèze. A Courchamp, on trouve un lavoir et une église. Une chapelle, plus exactement, d’aspect un peu triste avec son clocher noir couvert d’ardoises et ses fenêtres sans vitraux. Autrefois, les femmes stériles se rendaient à la source de Sainte-Brigitte qui coulait sous l’ancienne église et avoir beaucoup de lait. Pour ne pas être en reste, les hommes avaient droit à un sobriquet qui prouve leur désintérêt pour le lait. On les surnommait les « gotous », les buveurs de goutte ! Le lavoir de Courchamp, doté d’un long abreuvoir de pierre, se tient en bordure de la route qui file vers la forteresse de la Romagne.
A 500mètres au nord de Courchamp, on touche l’ancien moulin de Roche. Un lieu administrativement particulier, puis qu’il se trouve au carrefour des trois provinces de Bourgogne, Champagne, et Franche-Comté. Du coup, Côte d’Or, Haute-Marne et Haute-Saône se rejoignent ici. La tradition rapporte que ce lieu, serait une ancienne frontière gauloise, puis celle de plusieurs royaumes issus du partage entre les fils de Clovis. Cet ancien moulin appartenait autrefois aux Hospitaliers de Nuits-Saint Georges. On retrouve leur trace dans un texte expliquant qu’en 1144, ils prélevaient les dimes à Courchamp et possédaient la métairie de l’Envieuse au sud-ouest de Chaume.
L’édifice changera plusieurs fois d’activité. Une ordonnance du 29 mai 1835 autorise ainsi messieurs Toureau et Forgeot à conserver en activité un patouillet qu’ils possèdent sur la rivière la Vingeanne, à la tête d’eau du moulin de Roche. Il précise qu’en ce qui concerne la maintenue des lavoirs situés près de ce patouillet, les eaux boueuses provenant de la huche du patouillet seront reçues dans un récipient d’où elles seront surélevées et dirigées par un chenal de bois qui traversera la rivière, vers des bassins d’épuration conformément au tracé en rouge du plan de l’usine. Au milieu du XIXème, c’est la filature de laine qui s’active. Les bergers y portent la toison de leurs moutons. Ils repartent avec une moleskine de grande qualité appelée droguet ou peau du diable, utilisée par la confection de leurs vêtements. La filature avait aussi un atelier de teinturerie. Elle devint ensuite un relais pour les chevaux tirant les bateaux sur le canal. De nos jours, il ne reste que deux maisons.

L’amoureux des mots

L’amoureux des mots 14
Le canton de Fontaine Française est peuplé depuis de temps très anciens. Le site protohistorique du Soc tout proche, sur la commune de Sacquenay en témoigne ainsi que les nombreux silex, pierres taillées ou encore les nombreuses haches polies trouvées dans champs lors des labours. La civilisation Gallo-Romaine a laissé de nombreuses traces dans toute la vallée de la Vingeanne. Un village comme Saint Maurice comptait trois villas par exemple, de nombreuses tuiles, pièces de monnaies, chemins pavés (voie romaine Agrippa, voie romaineLangres-Genève, colonne milliaire de Sacquenay) ont été retrouvés et témoignent de cette époque. La vallée aurait selon une étude de la Guerre des Gaules de César été le théâtre de la bataille entre Vercingétorix et les légions romaines. La Vingeanne serait le «Flumen », cité dans les « Commentaires ». Cependant certains historiens avancent d’autres comme pour Alésia.

Atès (située près de l’actuelle Attricourt,) capitale gallo-romaine de cette petite région a été ruinée par les invasions de troisième siècle ap.JC), elle renait de ses cendres et de devient capitale du pagus des Attuariens, au sein duquel des prisonniers germains(les Attuariens ou Hattuariens) sont sédentarisés afin de valoriser une région ravagée. Champlitte a connu un destin similaire avec les Lètes, ou Littes auxiliaires de l’armée romaine sédentarisés (Campus Lètum Champlitte).
Les Burgondes occupent ensuite la région. A cette époque le vicus : Fontanas est séparé de Berthariacum (Berthaud) par un ru, la Torcelle qui préexistait aux étangs actuels. Cette a perduré jusqu’ au 15éme siècle, le village était divisé en 2 seigneuries différentes ne dépendant pas de la même suzeraineté, l’une dépendait du duché, l’autre de la Comté.

La fondation de l’abbaye de Bèze par Amalgaire, plaça la vallée de la Vingeanne en grande partie sous l’autorité de l’abbaye.

En 732, l’invasion des Sarrasins pénétra jusqu’en Bourgogne. A Saint Maurice, selon certains érudits locaux le lieu dits Le Mont Maurois aurait servi d’abris à une horde afin de mener des razzias sur la vallée, notamment à Bèze et de se protéger.

Après les Huns et les autres, au IXème siècle ce fut le tour des Hongrois, des Nord Mans qui ravagèrent l’abbaye et les vallées de la Bèze et de la Vingeanne. Cette terre de passage fut également une terre de métissage.

Après ces invasions des mottes castrales se sont construites peu à peu, et la féodalité s’est installée durablement dans la vallée de la Vingeanne.

Les grandes familles se sont succédé au château de Fontaine : Fouvent, Vergy, Vienne, Longvy , Chabot -Charny, Chabot -Charny, La Tour du Pin…. D’autres forteresses dominent la Vingeanne : Montigny, Mornay, Saint Seine, Orain… D’autres grandes familles nobles dominent le territoire, comme la famille de Saint Seine, Pierre de Saint Seine fait construire le château de Rosières au XIV ème siècle.

Vers 1120, s’élève près de Saint Maurice, la commanderie des templiers de La Romagne. A partir de 1314, les Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem devinrent seigneur de La Romagne jusqu’en 1789.

Les monuments aux morts dans le canton de Fontaine Française

 

Dans le canton de Fontaine Française, les monuments aux morts sont généralement disposés au centre des villages, non loin de l’église. Le périmètre propre à chaque édifice est délimité par une grille ou une chaine fixée à des obus. Plusieurs types de monuments existent. Le plus souvent il s’agit d’un obélisque, décoré de la croix de guerre 14-18 et d’une couronne de lauriers.  A Montigny, un poilu est sculpté au sommet d’un socle, c’est une exception dans le canton. Sur la plupart des monuments du canton est inscrite une phrase rendant hommage aux soldats morts pour la France. Ces monuments aux morts ont été érigés entre 1919 et 1922. Le monument ayant été le plus onéreux est celui de Montigny (13 400 francs) , le cout moyen a été  de 6600 francs. La population a été impliquée par le biais de tombola ou de souscription afin de réunir l’argent nécessaire. Les inaugurations ont eu lieu en présence des personnalités. Des discours ont été prononcés devant les familles des victimes en hommage aux soldats décédés durant le conflit ; leurs camarades survivants revoyant certainement en songes le visage de leurs amis morts pour la France. La moyenne d’âge des soldats morts pour la France est de 28 ans dans le canton. Il y a plusieurs morts âgés de 48 ans, le plus jeune avait 19 ans. Le pourcentage d’agriculteurs avoisine les 60%. Il n’y a pas de cadre supérieurs, de professions libérales ou intermédiaires parmi les morts. Le secteur primaire a payé un lourd tribut et le monde rural en général au cours de ce conflit. Le nombre jeunes gens célibataires morts au front était supérieur au nombre des hommes mariés cela s’explique, car le moment du mariage a été différé à cause de la guerre. Les villages du canton de Fontaine Française ont perdu environ 4% de leur population totale lors du premier conflit mondial. La démographie, la sociologie et l’économie du canton s’en sont ressenties à l’exemple de l’ensemble du territoire français.

Source: » Gravé dans le chagrin et la gloire » Mémoire réalisé par les élèves de troisième du collège Henry Berger de Fontaine Française 1998-99

De nos jours les monuments aux morts occupent un emplacement au cœur des villages à des intersections de rues. Lorsqu’ils ont été construit cela ne gênait pas la circulation, certain village ont déplacé les monuments pour sécurisé les commémorations c’est le cas de Fontaine Française en 1994. Le monument aux morts a été déplacé placé du souvenir français. A Bourberain également, le monument a été déplacé en partenariat avec le conseil général, lors de l’aménagement de la RD 960 et de la sécurisation du carrefour sensible avec la RD 28G. L’inauguration a eu lieu le 3 septembre 2010. Voir Le Bien Public du 8 septembre 2010.