Notre dame d’Illy et le vœu d’un chevalier

Notre dame d’Illy et le vœu d’un chevalier
Charles de Coublanc accompagna Saint Louis en Egypte. Il passa le Nil avec toute l’armée, et il se distingua à la bataille de Mansourah en 1250. Mais la famine et la maladie ayant obligé les Français à reprendre le chemin de Damiette, les Sarrazins vinrent les attaquer pendant toute leur marche les mirent en déroute et en tuèrent beaucoup. Le roi dangereusement malade, fut pris de Mansourah avec tous les seigneurs de sa suite et la majeure partie de l’armée. Le Seigneur de Coublanc était du nombre des prisonniers. Pendant sa captivité, il se voua à Notre Dame d’Illy : miraculeusement, il fut mis en liberté, ses fers tombèrent et, avec Saint Louis qui s’était racheté, il put se rendre en Palestine. Fait prisonnier de nouveau à Tibériade en 1253, il tomba entre les mains des musulmans qui le jetèrent dans un cachot, les fers aux pieds. Dans ses souffrances, il pensait encore à Notre Dame d’Illy et, pendant un an, il ne cessa de l’invoquer, faisait vœu de lui bâtir sur ses terres une chapelle plus belle que celle qui existait, si il était délivré. Et ses chaines tombèrent, encore une fois. Il put rejoindre l’armée de Saint Louis et rentra en France, rapportant ses fers que l’on peut voir encore aujourd’hui dans l’église d’Orain. Surtout il tint sa promesse : une chapelle fut construite en 1255. Alors il entra à l’abbaye de Saint Claude.

Cantique à Notre Dame d’Illy

Cantique à Notre Dame d’Illy
Refrain (sur l’air de reine de France)
Sois-nous propice, Vierge d’Illy
O protectrice de notre cher pays
1
Lorsqu’ils buvaient l’onde de ta fontaine.
Les pèlerins recouvraient la santé :
Guéris notre âme, auguste Souveraine.
Guéris nos cœurs de toute infirmité.
2
Tu fis tomber les fers de l’esclavage
Où gémissait le seigneur de Coublanc :
Nous nous mettons sous ton saint patronage.
Brise pour nous les chaines de Satan.
3
Pour publier ô Vierge ta puissance.
Il suspendit ses fers à ton autel :
Nous nous t’offrons notre reconnaissance.
En te jurant un amour éternel.
4
Aux anciens temps, dans l’humble sanctuaire.
Qu’avait construit la foi de nos aïeux.
On honorait l’image séculaire.
Que nous prions aujourd’hui en ces lieux.
5
On vit alors, de toute la contrée.
Les pèlerins venir pleins de ferveur :
A leur exemple, ô Vierge vénérée.
Nous te prions du fond du cœur.
6
L’impiété dans son aveugle rage
Désaffecta, la chapelle d’Illy
Et relégua pour achever l’outrage,
La sainte image dans un affreux réduit
7
Chacun alors sut faire de son âme
Un temple saint de respect et d’amour.
Et conserver son culte à Notre Dame.
En la priant en secret chaque jour.
8
Marie, enfin, grâce, à notre prière.
A son autel, dans l’église d’Orain.
Et désormais, c’est là que notre Mère
Exaucera les vœux du pèlerin.
9
Nous reviendrons en foule chaque année,
Pour t’exprimer nos sentiments de Foi :
Accorde-nous, toi qu’ici l’on vénère,
De pratiquer toujours la sainte loi
10
Et, puissions- nous un jour, divine Mère,
Mêler ton nom aux chants du Séraphin :
Daigne, agréer notre ardente prière.
Avec Jésus, nous t’aimerons sans fin.

Les chefs d’oeuvres méconnus d’Orain

A quelques kilomètres de Saint Maurice sur Vingeanne, lorsqu’on descend le Gorgeot, on aperçoit au nord le village d’Orain, n’ayant pour tout horizon que les plateaux dénudés de la Haute Marne, les hameaux du Vergy et des Louches et les profondes forêts de Franche Comté voisine, et la ferme d’Illy.

L’ancien château des Minimes de Dijon, autrefois seigneurs d’Orain, daterait de 1562. L’enduit du château a été  effectué en avril 2002. Il abrite la mairie et la salle des fêtes. Jusqu’en juin 2009, l’école était située au sein du château.  En face du château s’élève l’église, elle a été restaurée en 2009. Le montant total des travaux a été de 216 900 euros. Cette église, consacrée à Saint Bénigne, daterait de 1568. Elle a été détruite par Gallas en 1636 et reconstruite par les Minimes.  Le chœur de l’église est de style gothique tardif. Les richesses de l’église sont intérieures, elle renferme outre l’armoire eucharistique, deux statues de la Vierge d’une saisissante singularité, la Vierge d’Illy et la vierge au manteau. La vierge d’Illy a été autrefois abritée au cœur de la chapelle accolée à la ferme d’Illy. Cette vierge noire fait l’objet d’un culte particulier et serait à l’origine de nombreux miracles, des plaques de remerciement émanant de toutes les époques en témoignent. Notre Dame d’Illy a  fait l’objet d’un pèlerinage (voir les éditions du journal Le Bien Public du 14 aout 2009, concernant la ferme d’Illy et du 5 octobre 2009 au sujet du pèlerinage). La vierge au manteau dite aussi vierge de miséricorde, est une sept sculptures de ce type en Cote d’Or, cependant, elle est unique par sa forme. Elle daterait du XVIème siècle, Il s’agit d’une sculpture, en pierre en haut relief, protégeant de son manteau déployé divers personnages. Au premier rang les donateurs probablement  seigneurs du lieu sont représentés. Le pape reconnaissable à sa tiare, l’évêque,  les clercs, le roi, les seigneurs, les chevaliers, et les paysans, viennent ensuite.  Cette vision de la société illustre la formule d’Adalbéron de Laon en représentant : ceux qui prient (oratores), ceux qui combattent (bellatores) et ceux qui travaillent (laboratores). Les trois ordres présentés par cette formule étant placé sous la protection de la vierge d’Orain. Ce genre de statue a été érigé durant les périodes de crise profonde : dangers, guerres, épidémies reflétant anciens illustrés par la citation : A fame, peste, bello, libera nos Domine, signifiant : de la peste, de la famine, de la guerre délivre nous Seigneur. La Vierge au manteau d’Orain est méconnue, et peu décrite. Elle a été installée afin d’être baignée dans la lumière.

L’église d’Orain abrite une plaque en mémoire de Jean Theurel (voir le Bien Public du 27. 10. 2010). Jean Theurel serait «le plus vieux soldat du monde », né à Orain en 1699, il aurait servi  sous les drapeaux des nombreux régimes s’étant succédé durant  son engagement de 72 ans au service de son pays.

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Vierge au manteau                  Vitrail du seigneur de Coublanc  Vierge d’Illy