L’école maternelle de Bèze : à la source de l’enseignement

L’abbaye de Bèze fut l’une des premières à posséder une école monastique afin de former les moines novices, puis les enfants des seigneurs et des riches familles environnantes.

Les écrits datent sa construction à 655… À l’origine au cœur de l’abbaye, elle fut transférée au XIIIe  siècle à l’intérieur même du village par l’abbé Girard III. Avec ses arcades, ses tripodes au-dessus des fenêtres et ses têtes sculptées, sa façade gothique classée témoigne encore de l’âge d’or de l’enseignement religieux.

La Révolution est passée par là, la laïcité également, dans le siècle qui a suivi, mais l’enseignement coule toujours dans les veines de cette commune qui doit son nom à la rivière éponyme.

Ce bourg a, en effet, vu le jour dès l’Antiquité près de la résurgence de la Bèze, qui, après celle de Fontaine-de-Vaucluse, est l’une des plus importantes de France.

Mais reprenons le cours… de cette (belle) histoire scolaire. Il suffit de se rendre au groupe scolaire Claude-Monet pour constater à quel point l’enseignement et le patrimoine sont étroitement liés. Il faut dire que l’ensemble des XVe  et XVIIIe  siècle qui abritait, à l’époque des moines, les communs, fut racheté en 1790 par la municipalité. Celle-ci a occupé le “cellier des Moines” jusqu’au début des années 1950 tandis que l’école est demeurée, quant à elle, dans l’ancienne infirmerie des religieux.

Le regroupement pédagogique intercommunal qui suivit (dans les années 1990) nécessita la construction d’une école maternelle. La belle histoire se poursuit puisque cette réalisation fut confiée à Anne-Josée Hilaire, architecte alors libéral (actuellement elle travaille pour la Ville de Montpellier (Hérault) après avoir exercé ses talents pour Dijon et Bastia) qui était passionnée par le projet.

Et pour cause, habitante de Bèze, sa fille fut l’une des premières à utiliser l’extension qui a ajouté une touche contemporaine à « un lieu d’exception » : « La proximité de la tour (d’Oysel, issue des fortifications de l’abbaye, ndlr), ainsi que le cours d’eau conféraient une véritable magie au site. J’ai mis toute mon énergie afin de la conserver et faire en sorte que le nouveau bâtiment joue avec le cours d’eau », se souvient-elle, avant de détailler : « En accord avec l’architecte des Bâtiments de France, nous avons joué sur la massivité et la sensualité. Le nouveau bâtiment est, en effet, transpercé par une paroi qui ondule, en bois, rappelant la rivière. C’est elle qui fait la jonction entre les deux structures. La toiture est en cuivre à joints debout que l’on retrouve jusqu’à l’entrée de l’école ».

Ouverte en janvier 2004, cette école a été baptisée “Le Petit Prince” parce que, comme se remémore également Anne-Josée Hilaire : « L’architecture de l’école a rappelé au maire l’image du boa avalant un éléphant, représentant un chapeau dans l’œuvre de Saint-Exupéry ». Il faut dire que, là-bas, les enfants ont toujours été des petits princes… Le long de la Bèze, depuis le VIIe  siècle, nous sommes, en effet, à la source de l’enseignement.

Une fermeture de classe à la maternelle.

Une fermeture de classe à la maternelle.

Les parents d’élèves sont révoltés par la fermeture de classe à la maternelle de Bèze. Seule une classe est ouverte avec trois niveaux, petite section, moyenne section et grande section.

Les parents d’élèves de l’école de Bèze ont été informés mercredi de la confirmation de la fermeture d’une classe à l’école maternelle Le Petit Prince. Les parents d’élèves protestent contre cette décision. 29 élèves sont inscrits pour la rentrée de septembre. Il y avait deux classes de maternelle jusqu’à la fin de l’année scolaire 2017-2018. A la rentrée, seule une classe est ouverte avec trois niveaux, petite section, moyenne section et grande section. La classe est encadrée par une enseignante et un agent territorial spécialisé des écoles maternelles (Atsem).
Les parents d’élèves sont désenchantés à la sortie de l’école, Ils s’attendaient à cette décision de la Direction académiques des services de l’Éducation nationale (Dasen). Les parents disent leur amertume. « Je ne trouve pas ça normal. 29 élèves par classe en maternelle, c’est trop. » : lâche Delphine Lioret. Les parents trouvent que les conditions de scolarité sont déplorables à Bèze. « C’est inadmissible. Les élèves ne peuvent pas bien travailler dans ces conditions. Les petits ne pourront pas avoir une posture scolaire et les grands ne seront pas préparés au Cours Préparatoire (CP) dans de bonnes conditions. » : renchérit Aurélie Fiatte. Les parents d’élèves se posent des questions sur l’avenir de leurs enfants à Bèze. « J’ai mon grand qui est actuellement en CP, et j’ai une petite qui va prochainement rentrer à la maternelle. C’est dommage de fermer une classe en maternelle. Mon fils était dans une classe de grande section l’an dernier à Bèze. Il a été bien préparé au CP. Maintenant cela sera difficile avec trois niveaux. Les sorties seront moins nombreuses. La sécurité sera remise en cause par le nombre élevé d’élèves en classe. Si il y a un accident, qui sera responsable?  » : confie Angélique Mouta, mère d’élèves scolarisés à Bèze.
Les parents d’élèves unanimes dénoncent une dégradation des conditions de travail en milieu scolaire au sein du monde rural. Certains affirment que les élèves de l’école maternelle Le Petit Prince de Bèze ne pourront plus accéder à la bibliothèque en raison de locaux inadaptés au nombre d’élèves.

Les parents d’élèves protestent à Bèze.

Les parents d’élèves protestent.

Les parents d’élèves de l’école de Bèze ont été informés dernièrement de la fermeture d’une classe à l’école maternelle Le Petit Prince. Les parents d’élèves protestent contre cette décision. 31 élèves sont inscrits pour la rentrée de septembre. Il y avait deux classes de maternelle jusqu’à cette fin d’année scolaire, à la rentrée, seule une classe sera ouverte avec trois niveaux, petite section, moyenne section et grande section.
Les parents d’élèves sont révoltés, et ont l’appui des élus, René Krémer, maire de Bèze et Didier Lenoir, président de la communauté de communes Mirebellois et Fontenois.
« Nous avons décidé de passer à l’action, nous allons bloquer l’école en cette fin d’année et à la rentrée afin de protester contre cette décision injuste. Il y aura 21 élèves dans un seul dortoir; les 31 élèves ne pourront plus accéder à la bibliothèque en raison de locaux inadaptés au nombre d’élèves. Il s’agit d’une dégradation des conditions de travail en milieu scolaire au sein du monde rural. En cas d’incident, nous nous retournerons contre la direction académique des services de l’Éducation nationale (Dasen). » : expliquent les parents d’élèves déterminés