Vernissage de l’exposition « Rafcalteplitte ».

Vernissage de l’exposition « Rafcalteplitte ».
Samedi 18 mai, a eu lieu le vernissage de l’exposition « Rafcalteplitte ».:
Cette exposition met en lumière les travaux artistiques réalisés, tout au long de l’année scolaire par les élèves de l’école élémentaire de Champlitte accompagnés par l’artiste plasticienne Caroline Desnoëttes au musée des Arts et Traditions Populaires de Champlitte.
Cette exposition a suscité l’étonnement et l’admiration.
Les productions plastiques, que les visiteurs ont pu découvrir ont attiré le regard avec leurs couleurs chatoyantes et ont invité au voyage vers le Mexique.
Caroline Desnoëttes a su guider les enfants dans leurs réalisations. Elle leur a apporté un regard différent. Un regard d’artiste, un regard d’artiste engagée et les a initiés à une véritable démarche artistique.
Julie Chevaillier, directrice des musées Albert et Félicie Demard, a initié ce projet.
C’est un travail d’artistes très riche, qui a été présenté à l’occasion de la Nuit des Musées.
Un tel projet contribue à la réussite et l’épanouissement des élèves. Les sourires étaient sur toutes les lèvres, lors des interventions de Caroline Desnoëttes. Grâce à elle les enfants ont vécu des moments de pur bonheur, notamment lors de la soirée-pyjama organisée dans son œuvre : »24 heures antipode circadien » au musée.
De plus, une résidence d’artiste est une occasion privilégiée pour les élèves d’une école rurale d’accéder à l’art de nourrir leur parcours d’éducation artistique et culturelle, tant au niveau de la rencontre sensible avec des œuvres et d’une artiste que de la pratique artistique.
Les élèves ont fréquenté régulièrement le musée des Arts et Traditions populaires de Champlitte. Cela leur donnera sans doute envie d’y revenir avec leur famille ou de visiter d’autres lieux culturels.
Ce projet a également permis aux enfants de découvrir une page d’histoire locale, l’émigration des chanitois vers le Mexique. Cela permettra sans doute de continuer une belle amitié entre Champlitte, Jicaltepec et San Rafael.
Cette nuit des musées est une occasion donnée aux familles de se retrouver avec leurs enfants, les enseignants, et les élus, en nouant des liens sociaux fédérateurs et importants.

Les collections du musée de Champlitte, mises en valeur.

Les collections du musée de Champlitte, mises en valeur.
La semaine dernière, Pernelle Polpré est intervenue au château de Champlitte pour la restauration de cet oiseau et de ces masques qui rejoindront bientôt les nouvelles salles consacrées à l’histoire qui unit la Haute-Saône au Mexique. Les masques, endommagés par le temps, présentaient notamment des lacunes et des soulèvements de peinture. Ils sont maintenant prêts à être présentés dans de bonnes conditions au public !
Ces nouvelles salles sur le Mexique seront visibles des yeux du public le 22 juin prochain !

Nuit Européenne des Musées – Rafcalteplitte entre Champlitte et le Mexique

Nuit Européenne des Musées – Rafcalteplitte entre Champlitte et le Mexique

Pour la 15e édition de la Nuit des Musées, le musée des Arts et Traditions Populaires de Champlitte vous réserve plein de surprises ! Comme pour de nombreux autres lieux, l’entrée sera gratuite mais vous pourrez aussi admirer le travail dévoilé que mène l’artiste plasticienne Caroline Desnoëttes auprès des élèves de l’école de Champlitte depuis septembre 2018. Dans le cadre du dispositif « La Classe, l’œuvre ! », ces élèves-artistes deviendront le temps d’une soirée des médiateurs culturels pour vous faire découvrir de manière originale leurs œuvres : de la visite commentée à la visite à déguster en passant par la visite chantée, tous vos sens seront touchés ! La soirée se prolongera jusqu’à minuit par un cours de danses latines.

Samedi 18 mai de 17h30 à 00h au musée des Arts et Traditions Populaires de Champlitte.

Entrée libre. Possibilité de restauration sur place.

Pâques de chaque coté de l’Atlantique.

Pâques de chaque coté de l’Atlantique.
Jumelé depuis 1986 avec le Mexique, le département de la Haute-Saône, propose cette année, des actions »miroirs » afin de dynamiser les échanges franco-mexicains et faire résonner la culture de part et d’autres de l’Atlantique. Une chasse aux œufs « à la française » a été organisée au centre culturel de San Rafael (Mexique). Au programme, coloriages de lapins, décoration d’œufs, et chasse aux œufs dans les jardins du centre culturel. Le public était présent pour cette chasse aux œufs peu commune au Mexique.
Ce sera au tour de Champlitte d’organiser son propre évènement pour la troisième fois consécutive ce mercredi 24 avril en partenariat avec les musées départementaux, l’IMAC, et l’OT4R. On pourra aussi chasser les œufs dans les différents musées départementaux de Haute-Saône. ou plutôt découvrir les collections et trouver tous les œufs cachés dans les salles des musées de Champlitte pour pouvoir déguster de succulentes surprises chocolatées. De vrais animaux, emblèmes de la fête de Pâques, feront le déplacement jusqu’au château de Champlitte, pour une activité de médiation autour de l’animal et d’autres activités seront offertes. Entrée libre et gratuite.

Une renommée mondiale pour Champlitte.

Une renommée mondiale pour Champlitte.
Au Mexique, une chaine de Boulangeries-pâtisseries porte le nom de Champlitte.
Un nouvel aspect de ce lien très fort entre Champlitte et le Mexique.
C’est non sans surprise qu’une des correspondantes de La Presse de Gray, Aurélie Sartelet a découvert que Champlitte, était également le nom d’une boulangerie-pâtisserie réputée au Mexique. Non pas d’une seule boulangerie, mais bien de quinze boulangerie dans Veracruz et de deux à Xalapa, qui à elles toutes emploient 180 employés. Christelle Thomas, fille de Carlos Thomas Couturier et Emilia Huesca sont les membres fondateurs de la Pasteleria Champlitte qui propose 200 produits dans 17 succursales au Mexique.

Un auxiliaire venu de très loin.

Un auxiliaire venu de très loin.
On pourra sans doute le croiser dans les ruelles de Champlitte. José Maria, 25 ans étudiant mexicain, en quatrième année de français est arrivé depuis samedi sur le commune de Champlitte. Il restera à Champlitte, jusqu’en juillet. Le musée départemental Albert et Félicie Demard, véritable acteur local accueille depuis 2015, des étudiants mexicains, dans le but de nourrir les liens qu’entretiennent la Haute-Saône et le Mexique.
José Maria interviendra comme assistant de langue au collège Gaston Ramon de Dampierre-sur-Salon et au collège Delaunay de Gray et en tant que médiateur culturel au château de Champlitte pour les projets sur le Mexique. Il va participer également à des actions ouvertes au public, parmi lesquelles La Nuit des musées avec le vernissage de la résidence d’artistes avec Caroline Desnoëttes le 18 mai, ou la nuit des mystères le 29 juin, avec une chasse aux trésors au sein du bourg chanitois, en attendant le jour des morts, El Dia des Los Mortos. L’étudiant mexicain va assister des classes d’espagnol jusqu’à la fin de l’année et préparer des animations pour mettre à l’honneur le Mexique, thématique clé de cette année 2019. Ace propos, une nouvelle salle sera créée au château de Champlitte, qui présentera les collections mexicaines et l’histoire du jumelage. Nombreux sont les partenaires engagés dans ce beau jumelage, au premier rangs desquels, se trouvent le département de la Haute-Saône, la commune de Champlitte, l’association Haute-Saone Mexique, les collèges, l’école élémentaire de Champlitte, Le Gang des Chiffonnières, et l’association Intercommunale pour l’enfance, le programme est à suivre.

Littérature 14.

L’épopée des chanitois et des bourguignons au mexique, tient de la saga, et de la success story, bien que les épreuves n’aient pas été épargnées aux différentes générations de ces émigrants.
1831, les guerres napoléoniennes sont finies. Six années de gelées ont mis la vigne et la contrée à bout. Et l’exode vers le Mexique s’en va semer, bien loin, l’amour du terroir, le patois, la recette du pain « comme en France » et les toitures bourguignonnes.
En 1832 un ancien officier de l’armée napoléonienne originaire d’Autrey-lès-Gray, Stéphane Guénot, disciple du socialiste Charles Fourier, acheta des terres en friche ( « 12 lieues carrées » ) à Jicaltepec (qui signifie Terre d’argile) près de l’embouchure du Rio Nautla où il venait de s’installer, dans l’Etat de Vera Cruz et fonda la Compagnie Franco-Mexicaine avec des capitaux venus de Dijon et de Champlitte.
Les émigrés vers le Mexique furent réunis dans le salon des papiers du château de Champlitte. Ce papier évoque les délices de la vie sous les tropiques. Les Sauvages de la mer Pacifique, encore appelé Les Voyages du capitaine Cook ou Paysages indiens est un papier peint panoramique dessiné par Jean-Gabriel Charvet et édité par la société Joseph Dufour et Cie de Mâcon en 1804.

Ce papier peint représente en 20 lés une suite de scènes exotiques, parfois arrangées, représentant les voyages de James Cook, Louis Antoine de Bougainville et Jean-François de La Pérouse dans les îles du Pacifique au XVIIIe siècle.
Un manuel décrit lé par lé le contenu de ce papier peint. Un exemplaire de ce manuel est conservé à la médiathèque de Mâcon. L’auteur de ce manuel, technique et historique, n’est pas indiqué : il est tantôt attribué à Joseph Dufour, tantôt à Jean-Gabriel Charvet.
On retrouve parfois les différentes scènes montées avec colonnes et corniches autour de chaque scène. Chaque lé peut mesurer jusqu’à 3,20 mètres de haut et 54 cm de large, soit une largeur totale de 10 mètres. Le ciel occupe un grand espace en partie haute, permettant ainsi une découpe du papier peint pour l’adapter aux différentes hauteurs des lieux de pose.

Ce papier peint est installé dans le château de Champlitte, dans le salon d’hiver. Il peut se visiter sur demande, être vu lors des expositions temporaires ou à l’occasion de certaines animations.
C’est après un rêve tropical, que les bourguignons et les francs-comtois, sont partis pour le Mexique.
Entre 1831 et 1861, Bourguignons et Chanitois (de Franche-Comté) émigrèrent. Des familles entières de viticulteurs et paysans fuyant la pauvreté due à la médiocrité des récoltes après des années de gelées mémorables ainsi que le phylloxéra, arrivé plus tard, qui envahissait alors les vignes. Des maçons, charpentiers et tuiliers… Un premier convoi de 80 personnes arriva en septembre 1833, un autre de 124 le rejoignit au printemps 1835. La traversée durait 4 mois, 4 mois de mer haute pour des gens qui ne connaissaient que le réconfort de la terre et des collines. 4 mois visités par le choléra, pour le premier convoi… 4 mois à se demander si la décision n’était pas qu’un chant des sirènes….
Les chanitois et les bourguignons partirent en bateau avec leurs baluchons et les affaires qu’ils purent emmener. Beaucoup furent malades, il y eut des morts. Arrivés au Mexique, rien n’était prêt pour les attendre. Là encore, il y a eu des morts.
Rien, à l’arrivée, n’était prévu pour eux… C’était leur survie qui était en jeu. Ils avaient faim, ne connaissaient pas les plantes locales ni la réaction de la terre, pas plus que celle des cieux. Les moustiques voulaient leur peau et leur sang. Ils savaient qu’ils avaient apporté tous leurs espoirs avec eux et ne pouvaient faillir, ne pouvaient se permettre de mourir d’avoir trop espéré et pas assez lutté. Et d’erreur en erreur, de morts stupides en naissances prometteuses, de ventres creux en ventres presque contents, ils eurent la joie de voir leur colonie prendre son essor à partir de 1837 dans des effluves vanillés, car c’est sur la culture de la vanille qu’ils concentrèrent leurs efforts. La colonie comptait environ 40 familles. On ouvrit des routes, 3 lieues vers Nautla et 15 lieues vers Tlapacoyan. Environ dix ans après l’arrivée des deux premiers convois, 30 nouveaux colons arrivèrent et un comptoir commercial fut créé. On ajouta la culture du tabac et le commerce du sel à celui de la vanille, et jusqu’en 1861 la colonie française de Jicaltepec pouvait chanter en français lors des veillées et remercier Dieu pour sa prospérité. Les relations avec les Mexicains étaient bonnes et paisibles. L’emploi des patois de Franche-Comté et Bourgogne est très ancré, ainsi que la continuation des traditions. Combien de légendes locales furent-elles donc contées aux enfants lors des veillées sous un ciel si lointain et abritant des sons si différents que ceux que ces gens qui ne voulaient pas périr avaient salué d’un adieu bien lourd ?
Les émigrés rencontrèrent de grandes difficultés. Ils se mirent à construire leurs maisons et se lancèrent dans la culture de la vanille.

On se demandera pourquoi la production du vin n’a pas été le premier choix. Des vignes européennes avaient été introduites dès 1593 et s’étaient bien adaptées. Mais l’Espagne ayant interdit la production de vin au Mexique pour protéger la production locale, beaucoup de vignes avaient été arrachées, sauf celles des missionnaires catholiques qui les gardaient pour leur usage. L’indépendance du Mexique en 1821 avait mis fin à l’interdiction mais le pays était dans le marasme complet et l’industrie chaotique. Une douzaine de cépages français furent introduits à la fin du XIXè siècle mais les troubles sociaux dans le pays ne permirent pas l’extension des plantations de vignes. Il faudra attendre 1940 pour qu’une vinification moderne n’émerge et se développe.

Et puis les vents changèrent. Les bons vents tombèrent et firent place à la fureur imprévisible de l’épreuve. Le fleuve se gonfla de colère et sortit de son lit dans une crue mémorable, anéantissant dix ans de travail et d’économie. L’année suivante c’est la peste noire qui déferla sur la communauté, emportant 300 vies. C’en était trop. En 1874 les premiers colons nés sur cette terre de promesses qui se retournait contre eux de façon si injuste décidèrent de l’abandonner.

Les vents eurent pitié. C’était pour vous tester, expliquèrent-ils… et ils envoyèrent le sauveur, Rafael Martinez De La Torre, un avocat mexicain qui acheta des terres plus loin vers Nautla, et groupa les malheureux Français des deux côtés des rives de la rivière : le rio Bobos. La vie était belle à nouveau, l’espoir envoyait ses parfums de vanille et les enfants riaient. Des maisons aux tuiles semblables à celles de Bourgogne apparurent çà et là et au sel, tabac et vanille s’ajoutèrent la production bananière et l’élevage du bétail. Il y avait maintenant deux colonies, une qui conserva le nom initial de Jicaltepec, appartenant à des actionnaires dont la plupart n’étaient pas sur place, vraie communauté française non assujettie à une quelconque autorité mexicaine, administrée par les colons eux-mêmes et qui finit par disparaître parce que les jeunes la quittaient pour la seconde colonie sur l’autre rive du fleuve qui célébra son sauveur en devenant la colonie San Rafael dont les terres étaient plus riche et offrit bien vite une vie plus distrayante.
Pae décret, du 24 aout 1884, Manuel Gonzalès, président mexicain régularisa la situation des colons propriétaires, car ils avaient acquis leurs terres de bonne foi.
Parmi ces Mexicains n’ayant jamais quitté le Mexique, 130 noms français seraient encore en usage. Ils se marient entre eux, et leurs traits n’ont pas acquis les caractéristiques mexicaines. Les femmes passent l’usage du français aux générations suivantes, et le français est enseigné avec l’espagnol à l’école. C’est ainsi qu’un Mexicain arriva un jour de 1956 à Champlitte, pour marcher dans les traces de son grand-père. Et cet homme avait non seulement un nom bien français, Paul Capitaine, mais parle couramment le patois chanitois…. Là où meurent les traditions meurent aussi les légendes, et on a précieusement tout gardé en vie …

A San Rafael, bien des habitudes françaises perdurent, comme faire le fromage, le pain et le vin. En 1986, la ville s’est jumelée avec celle de Champlitte. Depuis que le Mexique a, en 2004, autorisé la double nationalité, beaucoup de ces familles descendantes ont repris la nationalité française. Et la France… reste le pays d’origine, celui qui a semé les légendes, coutumes, courages et traits physiques. Aujourd’hui, un descendant des colons français est devenu le roi du citron vert. Entre deux avions pour New York ou Paris, Carlos Couturier aime flâner dans les allées de citronniers qui quadrillent sa propriété de 32 000 hectares dans l’État de Veracruz.  » J’ai gardé l’amour du terroir, transmis par mes aïeux français « , lâche cet hyperactif de 49 ans. A la tête de Citricola Couturier Hermanos, premier producteur mexicain d’agrumes, il a vu décoller son chiffre d’affaires l’an dernier grâce à l’envolée des cours de l’orange et du citron vert. Il en produit plus de 100 000 tonnes par an sur les terres héritées de son arrière-grand-père, un Haut-Savoyard arrivé au Mexique en 1893. Carlos Couturier reste très attaché à Champlitte comme il l’a dit lors du colloque du jumelage Haute-Saone-Mexique à Vesoul pour les 30 ans du jumelage.