L’amoureux des mots

L’amoureux des mots 18
Le soir venu les parents de Jonas aimaient à raconter des légendes aux enfants. La légende la Goulue était leur préférée. Il y avait autrefois, dans la vallée de la Vingeanne, aux confins de la Bourgogne, de la Champagne et de la Franche-Comté, une légende que les grands-mères racontaient à leurs petits enfants afin de les prévenir des dangers de la rivière, et de l’eau en général. Il s’agit de la légende de la Goulue, cette Goulue était sensée habiter la rivière Vingeanne, et les puits alentours. C’était un personnage féminin, à plusieurs bras qui saisissait les enfants désobéissants. Cette créature à mi-chemin entre l’hydre et la Vouivre nous terrorisait, cette légende remplissait bien son rôle. on retrouve cette vouivre dans les lieux dits En Vesvres sur le territoire de Saint Maurice sur Vingeanne. Il y avait également celle du Le Peût Homme, qui est encore appelé Le Peût ou Le Ragnan ou encore Le Tire Bras, il enlevait les enfants et les mettait dans un grand sac en toile. Peuh, peut s’écrire aussi Peuh, peût ou peuht ou encore Peûht pour Peûht Homme Bien entendu, c’est le diable, il hante notamment Le Creux du Diable, en Foret de Velours près de Bourberain . En patois, « peût » veut dire également laid. A Aujeures en Haute-Marne, existe la légende de la Peûte Bête. Une statue de cette bête mythique est présente sur la place du village sous la forme d’une fontaine. La Fontaine de la « Peute Bête » à Aujeurres, est une curieuse fontaine datant du XVIIIe siècle. Elle est située au cœur du village d’Aujeurres, elle ressemble à un animal aux allures de dragon. Elle se rattache à une fantastique légende haut-marnaise. Jean Robinet a repris et adapter cette légende. Le grand père contait autrefois l’histoire de Gargantua qui est passé par la vallée de la Vingeanne. Lorsqu’il marchait dans la terre mouillée il a laissé tomber de la terre de ses bottes, de la sont nées les collines de Percey le grand (Mont cierge), Montsaugeon et même Saulx le duc qui est plus éloignée. Ces collines sont autant de buttes témoins qui ont été expliquées par le passage de Gargantua. Le mythe de Gargantua préexistait avant Rabelais. L’histoire de la Mère Gangan qui est une vielle femme terrifiante, mangeuse d’enfants, hantant les lieux interdits aux enfants était également présentée aux enfants. On la retrouve dans la chanson:
A cavale mon âne
Pour aller à Biâne
Acheter du pain blanc
Pour la Mère Gangan Qui n’a plus de dents.
Il existe des variantes de mot Gangan c’est Gargan ou Gâyan

L’amoureux des mots

L’amoureux des mots 13
Jonas habitait près du carrefour des trois provinces : le canton de Française est situé au carrefour de trois anciennes provinces : la Bourgogne, la Champagne et la Franche Comté. Ce carrefour d’ailleurs se situe à un point précis, au sein du canton, trois départements se rejoignent en ce point : la Côte d’Or, la Haute Marne et la Haute Saône, trois cantons : Fontaine Française, Prauthoy, et Champlitte, avec les villages de Courchamp (21), Percey sous Montormentier (52), et Percey le Grand (70). Il s’agit également d’une limite entre trois circonscriptions ecclésiastiques : un archevêché : Dijon (l’évêché de Dijon date seulement de 1731 et l’archevêché est une création récente), et deux très anciens évêchés : Langres et Besançon. Une borne a été placée près de cet endroit, après le second remembrement de Percey (52). Cet espace de contact a été un lieu riche en histoire. Il serait même le point de rencontre entre les limites d’extension de différents peuples gaulois et de différents royaumes issus des partages entre les fils de Clovis Bourgogne, Neustrie et Austrasie. Le supplice de la reine Brunehaut se serait déroulé non loin de ce carrefour. Ce terroir aujourd’hui paisible a été le théâtre de nombreux conflits, c’était une zone frontalière, la Franche Comté n’étant devenue française qu’en 1678 (la Franche Comté appartenait depuis 1493 aux Habsbourg, jusqu’au traité de Nimègue). Dès l’époque gauloise, le canton de Fontaine Française était en limite des peuples Lingons (dont la capitale était Andematunum : Langres), et Éduens (dont la capitale était Bibracte), séparés des Séquanes (dont la capitale était : Vesontio : Besançon) par la Saône. C’était déjà une région de passage et de commerce entre le bassin méditerranéen et l’Europe du Nord, située sur la route de l’ambre et de l’étain, un point de rupture entre la Saône navigable et la Seine. Les convois étaient assurés en chariot tirés par des chevaux entre Seine et Saône, les marchandises partaient ensuite vers la Méditerranée. Le trésor de Vix est témoin de cette période. Les nombreux tumuli du canton demeurent inexplorés à ce jour, peut être recèlent ils d’autres témoignages comme celui de Vix.

Saint Maurice sur Vingeanne fête son centenaire, Henri Jolivet

DSC02888 centenaire (2)Saint Maurice sur Vingeanne fête son centenaire, Henri Jolivet

Henri Jolivet est le premier centenaire de Saint Maurice sur Vingeanne et ce, depuis le 5 septembre 2014, date de son anniversaire.
Pour l’occasion, les élus, la famille ainsi que des voisins et amis se sont réunis pour célébrer l’évènement ce samedi 20 septembre à la maison de retraite de Saulx de Vesoul où Henri réside depuis environ dix-huit mois.
Né à Fontaine Française, Henri a grandi à Saint Maurice sur Vingeanne dans la ferme familiale qu’il a reprise par la suite. En 1948, il épouse Jeanne Robinet originaire de Percey le Grand (70) qui lui donnera 3 filles, Monique, Anne-Marie et Marie-Thérèse. Henri est également grand-père de 6 petits enfants.

Le chanoine Pierre Rémond

Le chanoine Pierre Rémond est né à Percey le Grand, le 5 juillet 1922, et il a été baptisé dans cette église. Percey le Grand est situé à une extrémité de la Franche-Comté et touche à la Champagne et à la Bourgogne. Ce terroir lui avait donné un accent particulier, un peu rocailleux, il roulait les r.
Son enfance, s’est passée au moulin de Faâ, le long de la Vingeanne. Ce moulin avait une grande place dans sa mémoire et son attachement au terroir ; il en conservait précieusement des documents. Puis il y a eu la prière avec sa mère, l’entrée au séminaire avec le désir d’être prêtre et un moment important dans sa jeunesse : la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Julien Dubois, chef de la Résistance a annoncé qu’un avion ferait un largage de fusils et munitions vers la ferme des Bois à Percey le Grand. Pierre Rémond a entendu le message qui correspondait à largage sur le poste de radio du moulin le 10 septembre. Les allemands contrôlent la route, mais le largage a lieu : douze conteneurs et dix paquets. Pierre Rémond récupère le parachute. Plus tard celui-ci sera transformé en chasuble pour le jeune prêtre. Cet évènement l’a toujours marqué.
Les nominations se sont poursuivies au fil des années : d’abord dans le cadre d’accord entre le diocèse de Langres et le diocèse de Besançon. Pierre Rémond est nommé curé de Cusey (52), proche de Percey le Grand de 1947 à 1960.
Puis il devient secrétaire de la Pastorale diocésaine d’ensemble de 1960 à 1969. Ce fut un grand travail auquel ont été associés les séminaristes. C’était un regard porté sur le diocèse de Besançon, son avenir, mais aussi des analyses économiques et sociales qui seront beaucoup utilisées par les universités.
A partir de ces dates Pierre va recevoir d’autres responsabilités à l’officialité du diocèse de Besançon, à la pastorale des communautés religieuses.
En 1971, il devient aumônier diocésain de la pastorale de santé, puis de 1973 à 1987, délégué diocésain puis régional de la pastorale de la santé.
Aumônier d’action catholique puis official du diocèse de Besançon de 1987 à 1999 avec de grandes responsabilités en lien avec la mission de l’Église.
C’est en raison de toutes ces responsabilités que Pierre Rémond est nommé chanoine titulaire en 1996 par monseigneur Lucien Daloz. Pierre Rémond appréciera beaucoup cette nomination de reconnaissance.
Il est en retraite en 1999, mais la maladie fait son chemin, il entre à Notre Dame des Cèdres comme patient en 2008, il était « désorienté ».
Un hommage a été rendu à celle qui l’a accompagné avant, tout au long de son sacerdoce par l’abbé Jean-Christophe Demard qui a retracé la vie de Pierre Rémond lors des obsèques : Annie Japiot.
Les obsèques ont eu lieu le 18 juillet en l’église saint Pierre de Percey le Grand devant le tableau du chœur de l’église Saint Pierre intitulé : « La délivrance de Saint Pierre », tableau attribué à l’atelier de Jean Tassel peintre langrois du XVIIème siècle. 10 prêtres sont venus à Percey le grand, célébrer les obsèques du chanoine Pierre Rémond.

Sur les traces de Jean Tassel

DSCN0498A Percey le Grand : l’église est placée sous le vocable de « Saint-Pierre-aux-Liens »
– le tableau « La libération de saint Pierre » est attribué à Jean Tassel et daterait du 4e quart du 17e siècle. Il pourrait provenir d’une église de Langres (saint Amâtre). Il ne s’agirait pas d’une composition personnelle de Tassel, mais de la copie d’un tableau du Dominiquin conservé à l’église Saint-Pierre-aux-Liens de Rome.
– les deux autres tableaux sont datés du premier quart du 18e siècle et d’auteurs inconnus.

Selon Wikipédia, Jean Tassel est mort en 1667, et il n’a pas pu peindre un tableau post-mortem.
Il y a bien une fresque dans l’église de Rome montrant la libération de saint Pierre, mais elle n’est apparemment pas attribuée au Dominiquin
me communique t’on.

Les idiomes patoisants Révélés

Henry Thévenot et Geneviève Campenet ont produit : « Idiomes patoisants de la région de Cusey Percey le Grand, Champlitte Pierrecourt Fouvent ». Ce livre a été édité par Pascal Magnin chez Vesoul Éditions.
Henry Thévenot s’est intéressé au patois, il y a 7 ou 8 ans et a commencé à écrire un lexique de mots patois, il a soumis ses recherches à Éliane Troncin de Percey sous Mortementier, véritable mémoire du village, qui avait collecté elle aussi des mots patois. De cette rencontre est née la première partie de l’ouvrage.
Geneviève Campenet a pour passion la collecte de documents touchant Champlitte et sa région. Elle a trouvé il y a quelques années chez un bouquiniste un livre concernant le patois de Pierrcourt par C.Juret, qui constitue la seconde partie de l’ouvrage.
Ce lexique du patois parlé aux confins de Bourgogne, de la Franche Comté et de la Champagne entre Vingeanne et Salon, est très intéressant, car il représente la mémoire du parlé de la contrée des trois provinces.
Les auteurs Henri Thévenot et Geneviève Campenet ont su faire revivre le patois. Des fables, des expressions et des chansons émaillent cet ouvrage. Ce livre est né de la rencontre de Geneviève Campenet et Henry Thévenot avec Pascal Magnin. Il est issu de leur volonté de constituer et de révéler un lexique de patois afin que rien ne se perde, dans l’esprit du travail d’Albert et Félicie Demard. Geneviève Campenet ajoute j’ai eu envie de sauvegarder ce document important concernant le secteur. Henry Thévenot ajouté : « J’ai entendu mon père parler le patois avec Camille Naigeon maréchal ferrant à Sacquenay et monsieur Rabiet charron à Sacquenay cela m’a donné envie de transmettre la mémoire des anciens, de passer le témoin aux générations futures, le patois est un véritable patrimoine oral. »
« Idiomes patoisants de la région de Cusey Percey le Grand, Champlitte Pierrecourt Fouvent » est disponible Chez Julie, librairie-presse-tabac, à Champlitte à la boulangerie Antoine, 35 Rue de l’Hôpital, à Sacquenay, à la boulangerie Dimey à Prauthoy et chez Henry Thévenot 2, rue du pont d’Archon à Cusey.