L’école monastique de Bèze au fil des siècles

L’école monastique de Bèze au fil des siècles.

L’abbaye Saint-Pierre de Bèze a été fondée en 630, deux ans plus tard cette abbaye a accueilli une école monastique. Cette école suivant la règle de Saint-Colomban est devenue rapidement un centre d’éducation et de vie intellectuelle ouvert à tous, y compris aux laïcs. En effet, l’abbaye de Bèze est une des premières abbayes à accueillir les enfants des riches laïques, enfants des seigneurs et nobles de la région. Ainsi, l’école monastique a permis la renommée de l’abbaye de Bèze, comme celle de Saint-Seine l’Abbaye, bien avant le grand siècle des abbayes : le XIe siècle. Cette expansion amena un grand nombre d’enfants entre dix et douze ans, leur nombre troublant le silence monastique nécessaire aux prières. Ce problème fut accompagné d’une pression des communes sur ladite école qui amena, vers 1280, le transfert de l’école au sein même du bourg. De plus, au XIIIe siècle l’école et l’abbaye en elle-même ont connu une grande expansion et les bâtiments ont été remis au gout du jour. C’est ainsi qu’aujourd’hui on peut admirer la belle façade gothique du XIIIe siècle de l’abbaye.

Cette façade de l’école monastique de Bèze, telle qu’on pouvait l’admirer en 1912 est visible sur la carte postale ancienne, située ci-dessus. Cette façade a failli partir pour les États-Unis en 1913. Ce bâtiment a été sauvé de la démolition et il a obtenu son classement par les Beaux-arts en 1914.

Sources : Solange de Montenay : L’Abbaye bénédictine Saint-Pierre de Bèze. Son histoire au fil des jours, publiée en 1960, par l’Association Bourguignonne des Sociétés Savantes. Gabriel Porcherot : Petit village… grande histoire ! Cet ouvrage est disponible à la mairie de Bèze. La Gazette de Bèze.

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L’amoureux des mots

L’amoureux des mots 20
Jonas aimait à se promener à Bèze, village célèbre pour ses grottes, et pour son abbaye. Bèze est un village d’environ 700 habitants, c’est un des 700 plus beaux villages de France, les grottes sont parmi les plus visitées de France.

Les grottes de Bèze ont été formées au sein d’un plateau karstique de 400 km2. L’eau s’infiltre dans la grotte par le biais des failles présentent sur le plateau. Durant des siècles la grotte a servi de refuge aux habitants de Bèze. Bèze a été pillé au moins 7 fois au cours des siècles, la dernière fois en 1636 avec le passage de Gallas. L’entrée de la grotte était dissimulée par la végétation, la forêt était plus fournie qu’aujourd’hui. Au départ seule une partie de la grotte a été explorée, à partir de 1950 des équipes de spéléologues sont venues et ont exploré au fil des années les différentes salles du site, les rendant accessibles.

L’eau présente dans les grottes provient de 3 rivières qui se perdent à proximité de Bèze : La Venelle près de Véronnes, une partie de la Tille à Lux et pour partie l’Ignon ainsi que de la source de Chaume . Cette origine a été révélée par des colorants placés dans les rivières, ceux-ci se sont retrouvés dans les différentes salles. La proximité de la résurgence située dans le parc de la source a motivé ces recherches. La température de l’eau est constante entre 8° et 11°C, la température des grottes est elle aussi constante à 12°C.
Nicolas Hulot a établi la correspondance entre les grottes et la source du parc en parcourant le siphon reliant le lac souterrain et la résurgence.

La grotte abrite de multiples concrétions stalactites et stalagmites ainsi que des cheminées. Chacune porte un nom original souvent pittoresque par exemple : l' »Andouille de Bèze ». Certaines parois de la grotte sont recouvertes d’oxyde de manganèse et de kaolin. La limpidité de l’eau permet d’apercevoir les siphons profonds de 6 ou 7 mètres.

Les grottes se visitent depuis les années 70, date à laquelle elles ont été aménagées par l’équipe municipale dirigée par Robert Poinsot. D’importants travaux de modernisation ont été réalisés en 1992. Deux salles se visitent à pied, la circulation sur le lac souterrain s’effectue en barque de 10 places. La visite est assurée actuellement par des jeunes guides. En 2009, 18 000 personnes ont visité les grottes. Selon les témoignages des visiteurs les grottes de Bèze constituent une sortie agréable.
L’abbaye de Bèze quant à elle, fut fondée en 630, selon la règle de Saint Colomban, au lieu-dit Fons Besua, situé au sein pays des Attuariens par le duc de Bourgogne Amalgaire, dont le fils devint le premier abbé. Dès les origines, elle fut richement dotée en terres, en bois et en vignes. Elle fut notamment jusqu’en 1219 propriétaire du « Clos de Bèze. » à Gevrey. Au cours de son histoire l’abbaye connu des phases de destructions (effectuées notamment par les Sarrasins, les Normands et les Hongrois), et de renaissances. Le célèbre Raoul Glaber, historien de l’an mil fut moine à Bèze. L’abbaye connu son apogée du XIe au XIIe siècle. L’abbaye compta jusqu’à 50 moines sur place et fut fortifiée au XVe siècle. Bèze fut ravagée par Gallas en 1636 et reconstruite une nouvelle fois reconstruite. Au XVIIe siècle des religieux de la Congrégation de Saint Maur (dont la maison mère était à Saint Germain des Prés à Paris), s’établirent et donnèrent un renouveau intellectuel à l’abbaye. Seuls les vestiges de la chapelle Notre Dame sont du début du XIe siècle, les chapiteaux illustrent, l’un l’Annonciation et l’autre la visitation. La plupart des bâtiments subsistant datent du XVIIIe siècle : le bucher, l’infirmerie, et la bibliothèque dotée de 20 000 volumes (selon les sources). Cette bibliothèque est dotée de chambres ( à l’étage appelé:  » le dortoir des moines »), pour les étudiants de l’époque venus consulter les livres rares. L’orangerie couverte de tuiles bourguignonnes date de 1910. Elle comptait une forge, puis un moulin. Le parc, véritable écrin de verdure est doté d’un séquoia. La principale source concernant l’histoire de ce lieu est le livre de Solange de Montenay : L’abbaye Saint Pierre et Paul de Bèze, son histoire au fil des jours. Cet ouvrage, aujourd’hui épuisé fut réédité en1980.