La Bourgogne sacrée.

La Bourgogne sacrée.
De Vézelay à Cluny, en passant par Fontenay et Tournus, La Bourgogne parle de sacré. C’est comme ça, on n’y échappe pas. Des pierres sont là, sur le chemin du bourguignon. Il s’agit de jalons de notre histoire et de notre destinée. Cela nous éclaire sur notre chemin. Certain choisisse Vézelay, la colline inspirée pour partir en direction de Compostelle. Un autre chemin passe par Rosières. Champlitte, plus près de nous est sur la Via Francigena. Bèze n’a pas été en reste, des pèlerinages, puisqu’elle a reçu de manière inattendue, les reliques de saint Prudent. Les saints locaux, Bernard, Bénigne, Seine, Frou, sont autant de témoins de la foi locale. Les bourguignons, et leurs visiteurs sont interpellés par cette histoire si riche. Cela ne laisse personne indifférent. Qu’en pensez-vous ?

Vézelay

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La tradition qu’appuient des textes d’époque carolingienne consignés dans des manuscrits tardifs, rapporte, que le comte Gérard, régent du Royaume de Provence, sa femme Berthe, fondèrent en 858 ou 859 sur les bords de la Cure un monastère de moniales. Quelques années plus tard elles étaient remplacées par des moines, qui pour échapper aux envahisseurs normands, transférèrent l’abbaye sur une hauteur voisine, dominant la vallée de la Cure, là où se trouve l’actuelle localité de Vézelay.
Un incendie survenu au début du Xème siècle en détruisit les bâtiments et l’établissement, dès lors végéta. Puis, au début du XIème siècle, le bruit se répandit, favorisé par les moines, qu’on y conservait le corps de Marie Madeleine, disciple du Christ, bruit qui allait provoquer un afflux considérable de pèlerins venus de la Chrétienté toute entière. Parvenue à un degré incomparable de renommée et de prospérité , la communauté gardienne de la relique fit élever sur le sommet de la colline, le splendide édifice qu’on y voit encore aujourd’hui qu’elle dédia à Madeleine.
Selon le moine Hugues de Poitiers, auteur de la Chronique de Vézelay, écrite au milieu du XIIème siècle, c’est l’abbé Arthaud, qui en 1104, consacra la nouvelle basilique. En fait, à cette date, seuls le chœur et le transept de l’édifice étaient achevés. C’est seulement après 1120 que l’abbé Renaud de Semur, successeur d’Arthaud, fit édifier la nouvelle nef et ses bas-côtés, œuvre commencée par la façade et achevée vers 1135-1140. Vers la même époque était entreprise, à l’initiative de l’abbé Ponce de Montboisier, l’édification de l’avant-nef, dont la construction était prévue initialement.
En 1165, le chœur et le transept roman de 1104 disparaissent dans un incendie. On les rebâtira au XIIIème siècle dans le style gothique. Dans le même temps, on remaniera la façade de l’avant nef et on élèvera l’étage du beffroi de la tour placée au dessus de cette façade ;
A partir du milieu du XIII ème siècle, l’abbaye entre en phase de décadence. L’authenticité des reliques qu’elle possède est alors mis en doute, détournant d’elle les courants de dévotion qui avait sa splendeur. Au début du XVI ème siècle, elle est placée en commende, les moines cédant la place à un collège de quinze chanoines. Les Protestants, maitres de Vézelay mutilèrent les sculptures des portails.
Aux XVIIème et XVIII ème siècles, la basilique est laissée dans un état de quasi abandon, les bâtiments conventuels sont démolis. Nationalisé à la Révolution, l’édifice est dépouillé de son mobilier, il subit de nouveaux outrages en 1793, la tour sud est gravement endommagée par un incendie en 1819. C’est un monument en péril éminent, que visitera quelques années plus tard, Prospère Mérimée lors de sa première tournée d’inspecteur des Monuments Historiques. En 1840, la direction des travaux de restauration était confiée à Viollet-le-Duc. Tâche difficile, semée d’écueils, que sut mener à bien, l’architecte, dont le nom reste inséparable de Vézelay.

Campagnes romanisées

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« Les campagnes aussi du passé antique de la Bourgogne. Le sites des Fontaines Salées, près de Vézelay, dut sa fortune à des sources radioactives et …salées. Dès le 1er millénaire, les premiers puits furent creusés pour profiter des vertus thérapeutiques confirmées de ces eaux. Réaménagées à partir du 1er siècle avant JC, pour remplir des fonctions cultuelles, puis transformées en thermes gréco-romains au IIe siècle après JV, les thermes furent arasés par les moines de Vézelay, du fait de leurs connotations païennes. Oublié, le site ne fut redécouvert qu’en 1934…, d’après une mention dans une chanson de geste de Girart de Roussillon.
Escolives-Sainte-Camille près d’Auxerre, sur l’ancienne voie d’Agrippa, l’antique Médiolanum, à laquelle a succédé le village de Mâlain, près de Sombernon, Entrains-sur-Nohain, bourgade rurale du Nivernais héritière de la gauloise Intaranum, méritent également un coup d’œil sur leur champ et leur dépôt de fouilles au musée, témoins parlants des modes de vie romains adoptés par les Eduens et leurs peuples clientèles, sans oublier le petit théâtre antique des Bardiaux près d’Arleuf, véritable salle polyvalente à ciel ouvert.
Saint-Romain, pittoresque village bourguignon des Hautes Cotes de Beaune, est lui aussi l’héritier d’une longue histoire. Les témoignages sont exposés à la mairie : l’habitat gaulois, puis gallo-romain au pied de la falaise, le « trésor », la caverne, refuge à toutes les époques, mais aussi la préhistoire et l’histoire du château-fort démoli voici deux siècles. Le parcours du sentier archéologique propose des panneaux très instructifs et offre des points de vue superbes sur le village, le vignoble et les falaises. »

L’amoureux des mots

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Tandis qu’ils se lovent. Le promeneur peut suivre le cours de la Vingeanne, qui prend naissance à Aprey (52) et se jette dans la Saône à Talmay, en découvrant des lieux chargés d’histoire.
Depuis Aprey jusqu’à Talmay, la Vingeanne s’écoule sur quatre-vingt-douze kilomètres avant de rejoindre la Saône.

Lorsque la Vingeanne frôle la Côte-d’Or, à Courchamp, le promeneur aperçoit un lieu de pêche, ainsi qu’un moulin qui a la particularité d’être sur le territoire de trois provinces : la Bourgogne, la Franche-Comté et la Champagne.

À La Romagne, il découvre un patrimoine historique important. Les Templiers ne se sont certainement pas trompés, sur ce lieu stratégique, lorsqu’ils ont installé une ­commanderie, à Saint-Maurice, dans le hameau de La Romagne, en 1120. Actuellement, des chambres d’hôtes occupent une partie du bâtiment, le moulin est lui aussi un lieu chargé d’histoire. En suivant le cours de la Vingeanne, on observe des frayères à truites ou à brochets. Un panneau expliquant celles-ci se trouve près du lavoir de Mornay.

Le pêcheur ne manquera pas le trou d’Argot, situé sur la commune de Montigny Mornay Villeneuve. Ce lieu permet à la fois de pêcher, pique-niquer, jouer à la pétanque sur une aire prévue à cet effet et de pratiquer d’autres activités sur les espaces verts qui le jouxtent. Mais c’est aussi le nom du camping qui se trouve juste à côté, sur une île de la Vingeanne. C’est aussi un lieu de baignade non surveillée apprécié par les habitants du canton et les visiteurs. À Saint Seine sur Vingeanne, un ponton de pêche sur la rivière est accessible aux personnes souffrant de handicap. En s’éloignant du cours de la rivière, il est possible d’admirer, à Saint-Seine, l’église du XIIIe siècle qui se visite, le château avec ses tours du XVIe siècle entourant une demeure du XVIIIe, qui n’est pas ouverte à la visite, et son lavoir récemment restauré. Le promeneur pourra faire escale à la maison forte de Rosières, avant de pénétrer en Haute-Saône et de poursuivre sa route, sans omettre de passer par Licey avec la découverte de son site remarquable au cœur du village. En effet, en 2012, a été inauguré la fin des travaux de restauration et de mise en valeur du pont, de ses contreforts et de l’abreuvoir afin de conserver au cœur du village son aspect historique. Dampierre et Flée mérite également le détour avec son église romane du XIIIe siècle, qui abrite L’Adoration des bergers, un tableau du XVIIe siècle de Jean Tassel. Et pour admirer cette vallée, deux lieux : par temps clair, au-dessus de la Charrière, à Courchamp, et la place 1830 à Montigny.
Lorsque ce n’était pas la Vingeanne, c’était la Bourgogne qui l’inspirait. De Jean des Vignes Rouges à Lucette Desvignes, de Gaston Roupnel à Henri Vincenot et à Didier Cornaille, es auteurs bourguignons le nourrissait au fur à mesure qu’il grandissait. De Vézelay à Tournus, en passant par Alésia et Bibracte les hauts lieux de la Bourgogne étaient ses amers.
Du tumulus du Crepot, à Saint Maurice sur Vingeanne à la villa des Tuilières à Selongey, il avait ses points de repère, il aimait également les sources de la Seine, de la Vingeanne, et de la Marne toutes proches.
Les points névralgiques de la Bourgogne souterraine passaient par Bèze et sa célèbre source vauclusienne, véritable fontaine de jouvence pour qui vient s’y ressourcer l’été en cherchant la fraicheur. Cîteaux, Saulieu et Vougeot faisaient partie de ses endroits préférés.
La Romagne, ancienne commanderie templière, voisine de Saint Maurice sur Vingeanne connait son lot de légendes. Deux commandeurs des templiers seraient enterrés debout avec leur armure en or dans l’ancienne chapelle de la commanderie, aujourd’hui détruite. Un tunnel aurait existé la commanderie de La Romagne et l’ermitage féminin du Bois aux Dames près de La Villeneuve.
Le château de Fontaine-Française et son architecture l’inspiraient également. Situé à 38 kilomètres de Dijon en direction de Champlitte, cet édifice offre un décor exceptionnel. Encore habité à l’heure actuelle, il est entièrement meublé. Les visites guidées permettent d’appréhender son architecture et son décor mais également les anecdotes familiales qui en font un lieu incontournable pour découvrir une partie de l’histoire locale. Le visiteur pourra également se promener dans le jardin paysager réalisé entre la fin du XVIIIe siècle et le début du siècle suivant. Jonas aimait beaucoup se promener dans les jardins, ouverts à la belle saison.