J’avais gardé toutes sortes d’archives, unes de journaux, reportages, interviews, réactions, photos de presse relatifs au 11 septembre 2001. J’avais pensé à juste titre que c’était un moment historique.
Mes enfants à l’école de Saint-Maurice-sur-Vingeanne avait un instituteur remplaçant. Cet enseignant a décidé de réaliser avec ses élèves de Ce1-Ce2 une ouvre d’art. Cette fresque représentait les tours jumelles du World Trade Center. Cet artiste contemporain de l’âme avait demandé à ces élèves de collecter à la maison les images du drame. J’ai tout donné. Les enfants, ont découpé, collé, et les tours se sont retrouvées couvertes des images du 11 septembre, en particulier de celles des victimes.
Cela faisait un choc, lorsque l’on entrait dans la classe. Nous mettions des visages sur le nom des vistimes. La professeure des écoles titulaire du poste est revenue dans sa classe et a tout jeté avec un grand soulagement. Maintenant, je me dis : c’est dommage. C’est une œuvre d’art, après tout.
Cet artiste a été ensuite affecté comme remplaçant à l’école maternelle de Fontaine-Française. En septembre 2001, il a demandé aux filles d’amener leurs poupées et aux garçons leurs doudous. Il les a fait démembrer aux enfants afin de matérialiser le traumatisme. Cette expérience pédagogique a beaucoup marqué les petits élèves de l’époque.
Je me souviens très bien de ce que je faisais le 11 septembre. Lorsque j’ai appris la terrible nouvelle, je repassais en écoutant la radio. Cela m’a fait choc. A l’arrêt de bus à 17 heures, les parents d’élèves ne parlaient que de ça. Lorsque je suis rentré avec mes enfants après la classe. Les images passaient en boucle à la télévision. Nous avions l’impression fausse que plusieurs avions étaient rentrés dans plusieurs tous. J’ai éteint.


